Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

07 janvier 2011

La presque gratuité des Bus - une aventure administrative

« 40 euros par an pour les jeunes, 105 euros pour le plein tarif : c’est le prix fixé en 2009 pour se déplacer dans le Pays du Grésivaudan en bus. Nous atteignons presque la gratuité : les recettes de vente de billets représentent seulement 1 % des dépenses » [Francis Gimbert, vice-président de la communauté de communes du Grésivaudan en charge du transport, dans Les Antennes, oct / nov 2010].

 

Avec les Transports du Grésivaudan, bénéficiez de tarifs préférentiels

Voir http://www.le-gresivaudan.fr/Tarifs-preferentiels-TransIs...

Depuis juillet 2010, « la Communauté de communes Le Grésivaudan vous permet de bénéficier d’un abonnement TransIsère deux zones au coût d’un abonnement d’une zone. Le Grésivaudan a en effet décidé de compenser les usagers abonnés à TransIsère et pénalisés par le redécoupage des zones tarifaires, opéré depuis le 1er septembre 2009.

Vous pouvez bénéficier d’un remboursement d’une partie de votre abonnement TransIsère :

- Si vous résidez ou travaillez dans une des communes de la Communauté de communes Le Grésivaudan     Ou

- Si vous êtes scolarisé dans un établissement situé sur la Communauté de communes Le Grésivaudan. »

 

Voir la grille tarifaire sur le site du Grésivaudan. Il y a deux barèmes et un formulaire de demande de remboursement à télécharger. Selon le barème (désolé, je n’ai pas compris comment est déterminé le barème), le prix annuel payé au final (après remboursement) pour l’abonnement TransIsère deux zones s’échelonne entre 144 et 580 €.

 

A la rubrique « Titres & Tarifs », le site TransIsère - www.transisere.fr- appâte le chaland : « Vous avez peut-être droit à réduction ! »

 

Voici la liste des heureux bénéficiaires d’une réduction – et tant pis pour vous si vous ne savez pas ce que c’est qu’un PDE ou un PDA :

·        Vous avez moins de 19 ans

·        Vous avez moins de 26 ans

·        Vous êtes scolaire jusqu'au BAC, apprenti de -26 ans ou en contrat de professionnalisation

·        Vous êtes une personne présentant un handicap modéré à grave

·        Vous possédez la carte "famille nombreuse SNCF"

·        Vous êtes demandeur d'asile

·        Vous êtes salarié bénéficiant d'un PDE / PDA

·        Vous êtes demandeur d'emploi et/ou personne à faibles ressources

 

D’emblée nous sommes mis en garde sur la complexité de l’affaire, avant même de savoir de quel abonnement nous avons besoin :

  • « Tous les titres doivent être accompagnés d'un reçu à l'exception du billet 1 trajet.
  • Pour l'accès aux tarifs réduits, l'établissement préalable d'un Pass Identité est obligatoire.

Je suis intéressé par le Pass Annuel : « Valable 12 mois, il permet d'effectuer autant de trajets que souhaités pendant une période de 12 mois consécutifs (du 1er au dernier jour du mois), et donne accès à toutes les lignes Transisère et à tous les réseaux urbains isérois (hors SNCF) dans la limite des zones achetées. Pour être valable, le pass annuel doit être accompagné d'un reçu. Le Pass Annuel est nominatif et nécessite l'établissement d'un Pass Identité.

 

Damned, il faut d’abord que je prenne aussi un Pass Identité.

Mince, je ne pourrai pas prendre le train entre Grenoble Gare et Gières Université, ou entre Gières Université et Brignoud !

Doute atroce : ici, rien n’est dit sur les Transports du Grésivaudan.

Pour obtenir le Pass Identité, la première étape est « remplissez le formulaire "Simplifiez vous les transports"! et joignez une photo d'identité + les pièces justifiant votre réduction.

Quelles sont les pièces justificatives à fournir ? Mystère.

 

Je suis allé voir la SNCF, TER Rhône Alpes. Il y a 35 produits. Je trouve mon bonheur avec Abonnement Combiné TER + TAG Tout Public. « Cet abonnement mensuel (du 1er au dernier jour du mois) vous permet d'emprunter le TER depuis une gare de Rhône-Alpes jusqu'à Grenoble et de circuler librement sur le périmètre des transports urbains (PTU) de l'agglomération grenobloise en bus, tram ou TER *.

Avec cet abonnement, économisez 13% ** en moyenne en combinant vos abonnements TER + TAG

* liste des gares du périmètre des transports urbains : Echirolles, Grenoble, Grenoble-Universités-Gières, Pont-de-Claix, Saint-Egrève.

Pas de chance, il faudra que je rentre à pied depuis Gières ou que j’achète aussi un abonnement Transports du Grésivaudan.

J’essaye la carte Carte TER illico FREQUENCE. Cette carte permet d'obtenir jusqu'à 50% de réduction* dans tous les trains et autocars TER en Rhône-Alpes, quelle que soit la distance !

Je reviendrai quand TER aura repris le réseau du Grésivaudan …

 

On est loin de la simplicité. La gratuité permettrait d’abandonner ce type d’usine à gaz. C’est une erreur de croire que ces contraintes administratives ne jouent qu’un rôle minime dans l’attractivité du transport.

 

Imaginez le choc sociétal qui serait provoqué cette simple annonce : « Les transports en bus sont gratuits dans la région de Grenoble ».

 

En Ile de France, il y a une Autorité Organisatrice des Transports, le STIF. Petit jeu ! Ici, dans la région de Grenoble, un territoire beaucoup plus complexe, étendu et peuplé que l’Ile de France, nous avons toute une collection d’AOT : le Conseil Général, le Grésivaudan, le Pays Voironnais, la Métro …

 

Plutôt que créer une nième instance administrative, un syndicat mixte chargé de coordonner les AOT, mieux vaudrait dissoudre l’AOT du Grésivaudan et transférer son réseau (avec les ressources financières associées) au Conseil Général.

 

7 janvier 2011

La jeunesse immobilisée, écartée de la vie démocratique

Je vous recommande particulièrement cet article de Louis Chauvel - Le Monde du 4 janvier 2011 - Les jeunes sont mal partis :

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/01/03/les-jeunes...

 

Je complète par quelques indices glanés récemment :

 

"Depuis 10 ans, au sein des locataires, la part des étudiants ne cesse de diminuer. En 2001, ils représentaient 21 % des locataires entrants, contre 10,5 % en 2006 et 3,6 % en 2010" (Les Echos, 5 janvier 2011). Mon interprétation : perte d'autonomie des étudiants, les bails sont désormais au nom des parents.

 

En région Grenobloise, entre 2002 et 2010, la mobilité est en baisse (- 7 %, il faut s'en réjouir), mais "l'évolution est très marquée chez les plus jeunes, particulièrement les étudiants dont la mobilité chute de 19 %". Comment ne pas s'inquiéter ? (Source : enquête ménage déplacements 2010 dans la grande région grenobloise - décembre 2010)

 

Forum Agenda 21 - Crolles - 11 décembre 2010. 40 à 50 participants. Un jeune. 

Le diagnostic proposé à la population indique "Les jeunes, absents du processus Agenda 21". Interrogé sur les causes de cette situation, le consultant qui anime le groupe répond qu'il n'y a pas réfléchi : "nous sommes seulement rapporteur". Le Journal Municipal, janvier 2011, qui rapporte l'événement a interrogé les élus membres du comité de pilotage de l'Agenda 21. Une élue pointe ce problème de l'absence de jeunesse. Nathalie Catrain : "Il faut qu'on arrive à associer les jeunes parce que c'est avec eux qu'on arrivera à construire la commune de demain". Oui, mais comment faire si le diagnostic s'arrête au constat, sans s'interroger sur les causes ?

 

Quelques idées : la démarche Agenda 21 n'est pas attractive car elle apparaît trop technocratique, politique au sens classique du terme, verrouillée par la municipalité. Pour impliquer, il faut déléguer, et accepter de ne pas tout contrôler. Le pilotage de pans entiers de la démarche Agenda 21 devrait être délégué à des associations, notamment à des groupes de lycéens et étudiants. La commune devrait offrir le cadre, donner les moyens, et ne garder au sein de la municipalité que le pilotage de la synthèse, ce qui aurait aussi le mérite d'afficher clairement les accords / désaccords entre les propositions des citoyens et les décisions des élus.

Sans tomber dans le jeunisme, on peut aussi penser qu'un conseil municipal plus jeune aurait réussi à donner un rôle plus important à la jeunesse dans la vie démocratique locale.

02 janvier 2011

Déplacements : un grand retournement ... à petite vitesse

En matière de transports en France, la décennie 2000 – 2010 restera marquée comme celle du grand retournement de tendance : la fin de la croissance continue du trafic automobile.

 

Les experts sont formels (source : Enquête Ménages Déplacements 2010 sur la grande région grenobloise) : « Depuis 2006, des inflexions incontestables sont constatées dans les enquêtes ménages-déplacements menées dans les grandes agglomérations :

ü  baisse de la mobilité totale

ü  baisse de la mobilité voiture

ü  relance du vélo

ü  diminution de la part de marché voiture

ü  augmentation de la part de marché TC » 

 

Conf_presse_0612 2010 - enquete ménage.pdf

 

Le pic automobile est passé, de même que le pic pétrolier.

 

Une question qui se pose, maintenant, est celle du rythme d’évolution : pendant combien d’années encore les transports vont-ils rester une source majeure de nuisances ?

 

A cet égard, il est intéressant de comparer ce qui se passe dans l’agglomération grenobloise et hors agglomération :

-        la mobilité vélo est en augmentation uniquement dans l’agglomération : entre 2002 et 2010, + 43 % dans l’agglo, - 12 % hors agglo.

-        le parc automobile poursuit son développement. Le nombre de voitures à disposition augmente plus vite que la population. L’équipement automobile se développe sur l’ensemble des territoires, mais plus rapidement hors de l’agglomération grenobloise : + 3 % dans l’agglo, + 19 % en dehors.

-        la mobilité voiture est en forte baisse, surtout dans l’agglo : - 18 %, contre – 9 % dans le reste de la région grenobloise ;

-        à l’inverse, les transports collectifs augmentent plus fortement en dehors de l’agglo : + 22 %, contre + 13 % dans l’agglo. La hausse est plus sensible dans le Grésivaudan où les transports collectifs passent de 6 à 9 % que dans le Pays Voironnais (5% à 6%).

 

Ce qui apparaît ici, dans les premiers chiffres publiés de cette passionnante enquête ménage déplacements, c’est que rien n’est gagné en matière de mobilité douce ou collective en secteur péri-urbain. Autant l’inversion de tendance est réjouissante, autant la lenteur d’évolution me plonge dans une immense perplexité.

 

Pour le vélo, au risque de désespérer les municipalités qui ont construit les pistes cyclables ces dernières années, on voit que tout reste à faire en secteur péri-urbain : les statistiques sont cruelles, le vélo reste marginal.

 

La navette Express Voiron – Crolles (mise en service en 2003) a une fréquentation croissante et très honorable, de nombreuses grandes entreprises ont mis en place un Plan de Déplacement d’Entreprise –cf par exemple le PDE de ST qui a conduit à doubler, voire tripler, le nombre d’abonnés TransIsère, le Grésivaudan a créé en 2009 son propre réseau de Bus … et pourtant, la voiture représente encore 69 % des déplacements dans le Grésivaudan. Au rythme actuel, il faudrait attendre 2040 pour que la part de la voiture passe sous la barre des 50 % ! Et il s’agit d’une statistique en nombre de déplacements,  ne parlons pas des km parcourus …

 

Premier scénario : le report vers les Transports en Commun va s’accélérer car les Transports du Grésivaudan vont monter en puissance, en particulier suite à une campagne massive de communication, et car l’offre ferroviaire va être largement développée. Je voudrais bien m’approprier ces espoirs … mais le réalisme me fait constater que le réseau TransIsère plafonne (cf les restrictions décidées à l’automne 2010), que le Grésivaudan s’inquiète pour le coût de son réseau de transport, que la SNCF cherche à réduire sa dette, que l’électrification de la ligne Grenoble – Chambéry tarde à venir … Bref, la communication ne suffira pas et je crains que nos collectivités locales ne soient pas décidées à investir beaucoup plus dans les transports en commun.

 

Second scénario : le prix du pétrole retrouve ses niveaux sympathiques de l’été 2008 (avec un sommet à 148 $ le baril). Nous y allons peut-être doucement (91 $ aujourd'hui 2 janvier). La contrainte financière pénaliserait les ménages les plus modestes, et conduirait assez rapidement les élus à se mobiliser pour élargir l’offre de transports en commun. Dans ce scénario, nous subissons la situation économique internationale. Ce n’est pas vraiment satisfaisant.

 

D’où l’idée qu’on ne peut pas se contenter de jouer sur l’offre : il faut aussi agir sur la demande de mobilité, et d’abord de la demande de mobilité en voiture individuelle. C’est pourquoi il est urgent d’accélérer les études sur le péage urbain … si on ne veut pas rester empoisonné par les voitures pendant des décennies.

 

Il y a mille et une explications à la situation actuelle en matière de déplacements, mais il n’y a aucune raison de se résigner à une évolution à petite vitesse. Pensons que le téléphone mobile et Internet se sont déployés en une dizaine d’années, souvenons-nous de la vitesse de construction du métro parisien au début du 20ème siècle, relisons l’histoire de l’industrie de l’armement aux Etats-Unis pendant la seconde guerre mondiale  …

 

Allez, c’est décidé, en 2011, on appuie sur le champignon du péage, on lève le pied sur la bagnole, on installe un plan du réseau à tous les arrêts de bus, on prend le risque de la gratuité pour les bus … et on poursuit notre petit bonhomme de chemin pour la construction du réseau cyclable.

 

2 janvier 2011

 

Sur le péage urbain : www.edgarie.fr/archive/2010/08/10/pour-un-peage-urbain-a-... 

01 janvier 2011

A quoi sert un PLU ? L'exemple de l'hypermarché

Cette affaire d’hypermarché à Crolles, c’est un peu comme la déviation : un vrai serpent de mer, une question emblématique d’aménagement. Mais contrairement à la déviation, ce dossier a évolué de manière significative depuis quelques années.

 

La question « aurons-nous un hypermarché à Crolles ? » est récurrente depuis que le schéma directeur 2000 – 2010 de la région grenobloise « envisage (…) la possibilité d’implantation de nouveaux grands ensembles commerciaux à Crolles, Le Touvet, Pontcharra et de moyennes surfaces sur les pôles de  Villard-Bonnot, Goncelin, Allevard ». Ce schéma directeur reste applicable à ce jour.

 

En décembre 2007, lors d’une réunion publique sur le PLU, la municipalité présentait trois propositions de la grande distribution avec des surfaces de vente allant de 10 000 à 18 000 m2, sachant que la surface de vente de Casino est de l’ordre de 2500 m2. A l’époque, le maire prenait une certaine distance vis-à-vis de ces propositions, sans pour autant les exclure.

 

Aujourd’hui, il y a un assez large consensus, en France comme à Crolles, pour considérer que le modèle de l’hypermarché ne doit plus être reproduit car il contribue au dépérissement des centres villes, à la consommation d’espace, au trafic routier et aux encombrements aux abords des villes, à l’étalement urbain, à la culture de la consommation …

 

C’est dans cette logique que le PADD (Projet d’Aménagement et de Développement Durable) a inscrit au titre des leviers d’action : « Dynamiser le tissu commercial de proximité (centre-ville et quartiers) et développer dans le sud de la commune des moyennes surfaces ». En cohérence avec le PADD, le représentant de la commune a émis un avis défavorable à l’agrandissement de Casino (il était demandé + 978 m2, avec passage à l’enseigne Hyper) lors de la Commission Départementale d’Aménagement Commercial du 8 novembre dernier. Suivant l’avis de la commune, comme cela est fréquent, la commission a rendu un avis défavorable.

 

Le projet d'extension :  CDAC du 8 nov 2010 - doc préparatoire sur Extension Casino à Crolles.pdf

L'avis de la commission : PV de la CDAC du 8 nov 2010 sur agrandissement Casino de Crolles.pdf

 

Alors, tout est bien qui finit bien ? Il est trop tôt pour le dire. Il est possible que le Groupe Casino fasse appel de la décision. La commune sera alors confrontée à une difficulté de taille : l’agrandissement demandé est conforme au schéma directeur et le règlement d’urbanisme adopté dans le cadre du PLU est très peu restrictif pour le secteur concerné.

 

Depuis 2007, l’affichage politique de la municipalité a favorablement évolué sur cette question de la grande distribution. Le PLU était l’occasion de concrétiser cet affichage dans un texte réglementaire en édictant des règles proscrivant l’ouverture d’un hypermarché. Cette occasion a été manquée, ce qui risque de placer la commune dans l’obligation d’accepter un établissement non bienvenu, alors que d’autres projets (le centre commercial sur l’ancien site UGIMAG, Satoriz) acceptés ou encouragés par la municipalité vont avoir comme effet d’augmenter considérablement les surfaces commerciales, en drainant des clients venant de tout le Grésivaudan. 

 

Voir le dossier PLU : http://www.edgarie.fr/archive/2010/01/11/plu-de-crolles-le-dossier.html

Publié dans le journal municipal - janvier 2011

23 décembre 2010

Le loup et la digue

L’ami Edgar le dit toujours : il faut relier les idées.

 
Alors, quoi de commun entre la digue et le loup ?

Et bien, dans les deux cas, nous avons une menace pour la sécurité qui suscite une mesure de protection, laquelle s’avère globalement néfaste.

L’idéal du monde normalisé, avec zéro risque, imprègne notre société à un niveau que l’on aurait tort de sous-estimer. Désormais, les protections sont menaçantes. Et je ne pense pas seulement à Hortefeux avec ses caméras de surveillance et ses carabiniers embusqués à la Villeneuve.

Regardons d’abord le loup. Les belles âmes environnementalistes se réjouissent de la croissance continue de sa population. Le loup est désormais bien installé dans la plupart des massifs alpins, et fait de temps en temps quelques incursions remarquées dans le Massif Central, le Jura ou les Vosges. Mais les loups cohabitent difficilement avec les bergers qui l’accusent de faire périr leurs brebis, soit sous leurs crocs, soit en les faisant fuir vers le précipice. Alors, les bergers ont pris des chiens.

Dans le Jura, la moitié des éleveurs ont eu des conflits avec le voisinage à cause de la présence de leur chien de protection (cf une étude citée par France Nature Environnement, décembre 2010). Et je ne laisserai personne dire qu’un patou est gentil, ni qu’il reste toujours à proximité de son troupeau. Quelques expériences estivales m’ont forgé une conviction : le danger, c’est le chien, pas le loup. S’il faut protéger les brebis, peut-être faudrait-il d’abord aider les bergers, et accepter de tirer sur le loup.

Venons-en à la digue. Comme une meute grandissante repue de brebis, les citadins se pressent au pied des coteaux, attirés par la nature et l’air frais qui descend le soir du plateau de Chartreuse. Mais la falaise n’est pas une pierre figée, et des blocs parfois s’en échappent et dévalent la pente. On peut en voir quelques-uns au milieu des arbres à mi pente, ou égarés dans un pré à proximité des maisons. Depuis des centaines d’années, c’est ainsi, et les villageois avaient su trouvé des zones sûres. Mais le préfet et le maire ont peur des blocs et du loup. Construisons une digue pare-blocs, élevons des chiens anti loups. La digue est en pneus, elle défigure le coteau, brise la continuité écologique … qu’importe. Il faut sécuriser.

Un jour un éboulement franchira la digue. Il suffira de la rehausser. Il serait si simple de ne plus construire sous les coteaux.

Un randonneur est mordu par un chien, exigeons un certificat d’aptitude à l’élevage des chiens de protection. Un enfant est attaqué par un loup, interdisons la zone aux randonneurs non accompagnés par un professionnel.

Serions-nous dans le brouillard à confondre la menace et la protection ?

En réalité, le loup a bon dos, car le principal prédateur perpétrant des dégâts sur les troupeaux est le chien domestique.

De mémoire historique, dans tout le Grésivaudan, il n’y a pas trace de victime morte ou blessée dans sa maison par chute de bloc … alors que l’effondrement du Mont Granier fit des milliers de morts en 1248, ce qu’aucune digue n’aurait empêché.

Ainsi va le monde, nous préférons des illusions de sécurité à la réalité des menaces.

23 décembre 2010