28 février 2010

Qualité des débats - conseil municipal du 12 février 2010

La qualité des processus de délibération détermine la qualité des décisions. Qu'en est-il à Crolles ? 

 

Voici l’analyse de quelques morceaux choisis, mais néanmoins représentatifs, des débats du conseil municipal du 12 février 2010.

 

Je me situe sur le plan de la qualité des prises de paroles et, surtout, des échanges. Le but est d’analyser les propos, de voir en quoi il y a eu - ou non - dialogue, débat, délibération, construction …. Cette analyse permet de  repérer quelques bonnes règles dont l’application contribue à la qualité des séances.

 

Je repère  aussi  des dysfonctionnements (écarts et erreurs) et / ou procédés manipulatoires (fautes déontologiques) qui devraient être proscrits dans une instance qui se revendique démocratique.

 

Il est possible que mon statut de minoritaire me rende plus sensible aux dérives et anomalies qu’aux interventions correctes et exemplaires. Pour me préserver autant que possible de cette inclination naturelle à la critique négative, je commence par les meilleurs moments de ce conseil municipal.

 

Il n’y a pas de règle universelle, donc ce serait un raccourci hasardeux et simpliste de croire que tel procédé utilisé avec bonheur dans une circonstance particulière constitue une « bonne règle » à généraliser. De même, pour les réponses à côté ou manipulatoires : en cherchant bien, peut-être trouvera-t-on des circonstances où tel type de propos est bienvenu. A voir. En attendant, je pense qu’il est utile de s’entraîner à la déconstruction lucide de ces paroles politiques qui occupent une grande place dans la société.

 

Les « citations» sont  pour partie issues de mes notes en séance et pour partie de mémoire (le lendemain). J’ai parfois reformulé dans un but de concision, mais je pense être fidèle aux propos tenus.

Lire : CM du 12 février 2010 - aperçu sur la qualité des débats.pdf

 

28 février 2010

 

A suivre – dans un prochain billet à parution non planifiée : mais qu’est ce donc que « délibérer » ?

27 février 2010

L'art de délibérer - introduction

Dans cette rubrique, je vais essayer de rendre compte des échanges qui se tiennent au conseil municipal - et dans d'autres lieux - avec l'objectif d'illustrer et d'analyser ce qui se joue dans une instance qui "délibère". Les premiers billets seront sur le registre de la communication : les procédés oratoires utilisés, les bonnes pratiques et les dérives manipulatoires. Ensuite ... je verrai bien où ce travail mènera.

 

Le registre de la déontologie de la communication a déjà été abondamment labouré. Je ne pars pas les mains vides. Je vous recommande en particulier deux ouvrages excellents qui stimulent l'esprit critique :

 

- Le "petit cours d'auto-défense intellectuelle", un vrai best seller, un succès amplement mérité, par Normand Baillargeon. On y trouvera un large survol des outils fondamentaux que doit maîtriser tout penseur critique : le langage, la logique, la rhétorique, les nombres, les probabilités, la statistique, etc. " Si nous avions un vrai système d'éducation, on y donnerait des cours d'autodéfense intellectuelle. "
Noam Chomsky.

 

- "La parole manipulée", de Philippe Breton, Editions La Découverte, 1997 - 2000. Très complet, plus technique et moins militant que le Baillargeon. Extraits de la conclusion : "N'est-ce pas dans l'apprentissage de l'échange de la parole que nous apprenons à être citoyen ? (...) Entre une parole illusoirement rationnelle et une parole marquée au coin du laisser-faire le plus absolu, c'est tout un univers de responsabilité qui s'ouvre, dont la règle est le respect de l'autre".

 

Je cherche un terme pour décrire l'art de la délibération : échanger et débattre pour valider des choix, mais aussi construire des diagnostics partagés, identifier les consensus, les désaccords et les incertitudes, décider des actions cohérentes avec les objectifs ...

 

En privilégiant l'argumentation, il me semble que la "réthorique" ne couvre qu'une partie du sujet.

 

J'étais tenté par la débatologie, mais ce néologisme n'est pas assez sérieux ! Et ne met pas assez l'accent sur l'idée qu'il s'agit de raisonner en groupe, à haute voix et par écrit. Si vous avez des idées, je suis preneur.

 

francis.odier@orange.fr - 27 février 2010