03 janvier 2014

Le rap du bilan

C'est Noël. 2014 sera l'année des poètes

En attendant, le bilan du mandat a inspiré Sylvain.

Voici le rap du bilan, paroles et musiques de Sylvain Odier.


podcast


22 décembre 2013

La crise selon Edgar

Lecture de Noël : « Le panorama des idées 2014 », sous la direction de Jean-Marie Durand et Emmanuel Lemieux ; Editions François Bourin ; 2013.

Je retrouve l'ami Edgar, de plus en plus limpide. Extraits d’un entretien avec Emmanuel Lemieux, "La crise selon Edgar"

Que diriez-vous à une administration ? Qu’il est vital de « débureaucratiser » son organisation.

Quelle est votre définition de la bureaucratie ? (…) Il s’agit d’une pathologie propre à l’administration, qu’elle soit publique ou privée. Cette maladie conduit à la sclérose, à la compartimentation et la fragmentation de la pensée (…)

Comment fonctionne une bureaucratie ? Toutes ces organisations fonctionnent sur le même principe, c’est-à-dire la centralisation, la hiérarchie et la spécialisation. (…) La bureaucratie ne peut que générer l’irresponsabilité, l’inertie et l’inintérêt hors de son secteur compartimenté. (…) dans nos sociétés, la bureaucratie coexiste avec la compétitivité : la première ignore les êtres concrets, la seconde les manipule. (…) mettre un certain désordre est nécessaire à l’ordre organisationnel.

Quelles seraient les possibilités de débureaucratisation ? (…) combiner centrisme et polycentrisme. Autrement dit, faire en sorte que divers centres aient une capacité de décision. (…) Introduire de la polyarchie (pluralité de hiérarchies selon les domaines et les circonstances), et même un peu d’anarchie. L’anarchie ne signifie pas le désordre, mais la possibilité d’une organisation spontanée à travers des interactions d’individus ou de petits groupes.

Sur quoi basez-vous une nouvelle économie ? L’idée de croissance indéfinie est à abandonner absolument. Elle relève d’une folie collective que l’on n’a pas encore véritablement diagnostiquée.  (…)

Envisagez-vous des mesures protectionnistes ? Sur le plan de la structure de pensée, je suis en opposition avec le protectionnisme comme avec le néo-libéralisme. Mais je pense qu’il faut redéployer les économies de proximité (…)

03 octobre 2013

Rendez-vous sur lecrollois.fr

Rendez-vous sur www.lecrollois.fr 

Désolé, je n'écris plus beaucoup ici en ce moment. Nous sommes en pleine campagne: 100 idées pour Crolles.

 

Changement de sujet - pour que votre visite sur Edgarie ne soit pas infructueuse :

Samedi 5 octobre - France Culture - 9 h 58 :

"La dissolution de la dette ouvre le champ du politique"

C'était à propos du livre "5000 ans de dette" qui est paru récemment.

 http://rebellyon.info/Dette-les-5000-premieres-annees-de....

15 janvier 2013

Un maire en campagne

Autant le dire, je suis passionné par la politique, la vraie, celle qui s’intéresse à la vie de la cité, loin des mesquineries et querelles politiciennes. Mais le changement c’est maintenant,  alors jouons au petit jeu « qui sera le prochain maire de Crolles ? ».

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Photo :  Magazine de Crolles, janvier 2013, page 13 - un banquet de fête

Vous l’avez reconnu ? Proche du père, un homme bien mis, droit dans un costume neuf, avec une cravate qu’on ne lui connaissait pas, au premier rang devant nos anciens - corps électoral puissant ? Il a toutes les qualités pour être élu et pour assurer une parfaite continuité avec François Brottes et la démocratie de convivialité locale.

Il est patient, prudent, dans le sillage du chef depuis une quinzaine d’années. Il préside la commission Cadre de Vie, ce qui lui donne rang de premier non adjoint. Comme secrétaire de section du parti socialiste, il a exercé ses talents d’organisateur de barbecue avec les sympathisants. Il n’aura aucun mal à animer les Etats Généraux, le repas des associations, le carnaval, le bal du 14 juillet et autres événements tout aussi profonds.

Jusqu’à présent, il a ménagé ses interventions publiques et ses avis personnels. C’est pour mieux nous surprendre lorsqu’il sera en fonction. Alors, il se révèlera un grand maire, innovant, partageux, soucieux de démocratie …

Philippe, l’avenir t’appartient. Ne le gâche pas.Prend la mesure du passif, de la démocratie étriquée, du besoin de renouveau. Les citoyens ont perdu confiance dans leurs élus, dans leurs discours convenus et creux. L’immense et très confortable majorité que tu peux tranquillement espérer ne sera pas un signe d’espoir ou d’adhésion populaire, mais le legs ultime de ton mentor et de ses adjoints : le conservatisme, le laminage des opposants, les manœuvres d’endormissement.  

L’histoire ne s’écrit pas d’avance. Ton adolescence est lointaine, mais tu peux encore tuer le père (comme disait le vieux Freud) et me montrer que j’ai tort. Fallait-il attendre tant d’années pour, le moment venu, ne rien faire, ne rien bouger ? Libère toi, pense, écrit, conteste, prend des coups. N’oublie pas les enjeux : l’emploi, l’environnement, la loi, le pluralisme, l’intercommunalité … ces sujets méritent mieux que des décisions paresseuses prises dans le secret d’un bureau avec vue claire sur Belledonne.

Francis Odier, 11 janvier 2013

PS – pouvait-on publier ce papier sur www.lecrollois.fr ? Le Crollois est transparent, y compris sur ses débats internes :

Question : Faut-il vraiment faire la campagne de Lorimier maintenant ? S’il a un souci de notoriété, ce n'est quand même pas à nous de résoudre son problème ! En divulguant ces petits calculs foireux de Lorimier & Co, tu te discrédites ... car tu joues leur jeu.

Réponse : Me voilà confronté à une question bien connue des journalistes : parler de quelqu’un, est ce faire sa publicité ? Oui, bien sûr. Si je parle de Philippe, il va sans doute apprécier et me remercier de l’aide apportée.

Mais faut-il pour autant ignorer le sujet, faire semblant de ne rien voir, rien savoir, au motif que ce sont basses manœuvres et soif de pouvoir et statut social ?

Mon idée fixe, c’est que la démocratie se joue sur l’information, la transparence, qui sont des préalables sans quoi rien de sérieux ne tient. Cette idée s’applique aussi aux élections municipales à venir.

D’habitude, les listes électorales sont concoctées en secret, ce sont de petits arrangements entre amis. Comme nous avons démasqué le Magazine de Crolles, je veux simplement démasquer Philippe quelques mois en avance, et l’inviter ainsi à faire campagne et à préparer le prochain mandat ouvertement. Pourquoi la constitution d’une liste électorale devrait-elle se faire en catimini, dans l’alcôve du parrain et de son poulain ?

Le choix des candidats en tête de liste est un moment essentiel, parfois encore plus important que le vote lui-même. Dans le monde réel, les représentants du peuple sont bien plus cooptés qu’élus. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles certains militent pour le tirage au sort … mais c’est une autre histoire.

 

 

06 novembre 2012

Gallois, Gimbert et l’industrie du Grésivaudan

C’est notre actualité. Le 9 juillet 2012, Francis Gimbert est élu président du Grésivaudan. Dans son premier éditorial (Interlignes, n°13), il affiche « les priorités qui s’imposent : l’emploi d’abord, une priorité et une actualité qui s’imposent à nous ».

Comme en écho, le 11 juillet, le premier ministre écrivait la lettre de mission de Louis Gallois et lui confiait une triple ambition : « la compétitivité, la croissance et l’emploi ».

Quatre mois plus tard, on constate qu’il y a eu des pertes en ligne …  

Louis Gallois a clairement privilégié l’objectif de compétitivité, comme l’indique le titre de son rapport : « Pacte pour la compétitivité de l’industrie française », et comme il l’affiche dès les premières phrases : « Tous les indicateurs le confirment : la compétitivité de l’industrie française régresse depuis 10 ans et le mouvement semble s’accélérer (…) La perte de compétitivité industrielle est le signe d’une perte de compétitivité globale de l’économie française ».

Je ne regrette pas que la croissance passe à la trappe. Mais l’emploi !

Gallois voit l’emploi comme une retombée indirecte de la compétitivité. Il se situe ainsi dans le paradigme de la société de concurrence : « la politique de la concurrence domine toutes les politiques européennes qui ne peuvent se déployer que dans le cadre qu’elle définit. Cette domination est également idéologique (…) ».

Face à ce constat, nous n’avons droit qu’à une proposition très ambiguë et bizarre : « la politique de la concurrence doit être davantage mise au service de l’industrie européenne (je suis d’accord) et de sa compétitivité (mais là, on tourne en rond : la compétitivité vise à mieux s’insérer dans la concurrence. Comment la concurrence peut-elle favoriser la compétitivité ?). Nous proposons donc que toutes les décisions concernant la concurrence soient accompagnées d’un avis d’experts économiques et industriels, extérieurs à la Commission ; cet avis serait public ».

On comprend que Gallois voudrait bien limiter ou contrôler la concurrence, mais il n’ose pas le dire. Dommage. Le dogme de la concurrence peut dormir tranquille. Voilà qui ne va pas rassurer tous ceux qui souffrent de cet esprit de compétition qui survalorise les gagnants, broie les perdants et ronge la société. Faut-il écraser les espagnols, les roumains et les chinois pour redresser notre pays ? Non.

Alors, revenons au Grésivaudan. Il faut inverser l’ordre des facteurs, et là on retrouve l’idée de Gimbert : priorité à l’emploi. Dans le raisonnement, c’est le besoin d’emploi qui doit conduire à l’industrie. Si on oublie l’emploi, on peut développer une industrie compétitive hors sol.

Gallois l’affirme : « un emploi industriel génère 3 ou 4 emplois hors industrie ». Il ne cite pas ses sources et apparaît beaucoup plus optimiste que le rapport Reverdy (mai 2012, « Analyse de l’impact de STMicroelectronics sur l’emploi et le pôle économique Grenoble-Isère ») qui concluait à un ratio de 2,1 emplois dans le tertiaire pour 1 emploi créé dans la filière industrielle. Mais le consensus est solide : l’industrie permet un effet de levier significatif sur l’emploi.

Conséquence immédiate : dans leur politique de développement, les collectivités territoriales doivent se focaliser sur l’industrie.

Soyons concrets : nos communes et notre communauté de communes doivent arrêter de favoriser la consommation, l’installation de surfaces commerciales ou logistiques, de plateformes de services, et doivent concentrer leurs maigres ressources (financières, humaines, foncières …) sur les ateliers de production, à savoir l’industrie au sens historique du terme.

Le rôle des collectivités locales n’est pas de bêler avec les moutons, hurler avec les loups ou prendre le train en marche, bref, de subventionner ou encourager ce qui fonctionne déjà. La désindustrialisation vient (au moins en partie) de la course éperdue vers la compétitivité et du désintérêt, voire même d’un certain mépris, des dirigeants pour la production. Dès lors, les collectivités doivent prendre le contre-pied de la« société de la connaissance » (qui porte en germe le rejet des activités productives), investir dans la production et agir résolument, à leur niveau, pour fausser la concurrence.

Quels exemples concrets ? Et bien, c’est là que la démocratie participative et le dialogue seraient utiles. Demandons aux citoyens, au comité de développement, aux comités d’entreprise et aux organisations syndicales de la vallée ce qu’ils en pensent.

Monsieur le président Gimbert, pour qu’un sujet soit traité, il doit être visible. Si le chômage persiste depuis si longtemps à un niveau si élevé, c’est que beaucoup d’énergie a été consacrée à masquer ou éluder ce problème, et beaucoup moins à le crier. Si l’emploi est votre priorité, les questions relatives à l’emploi doivent être les premières discutées dans les instances communautaires.

Ma première proposition est de commencer chaque réunion de bureau communautaire, chaque réunion de conseil communautaire par des temps de parole confiés à des acteurs économiques porteurs de la problématique « emploi » : des comités de chômeurs, des entrepreneurs, des comités d’entreprise, des conseillers pour l’emploi … Il faudra de la ténacité, ce sera lourd et fastidieux, mais le pire serait que l’emploi d’abord ne soit qu’un slogan.

Seconde proposition : dire à quoi vous renoncez au bénéfice de la priorité pour l’emploi. Pas de priorité sérieuse sans renoncement. Je sais, ce n’est ni facile, ni dans la culture politique. Ce sera donc une innovation, une vraie, porteuse d’avenir.

Troisième proposition : revisiter le budget de la communauté de communes pour créer un fonds intercommunal de soutien à l’emploi dans l’industrie. Inviter les communes à faire de même. Orienter l’épargne locale vers ce fonds. Votre boulot pourrait être de fédérer l’engagement des citoyens pour l’emploi industriel.

Enfin : tous les six mois, faire le point publiquement sur les actions menées pour l’emploi.

Que produire ? J’ai déjà dit que je n’en savais rien, d’autres auront des idées … mais quand même, je ne peux m’empêcher d’évoquer quelques secteurs. Je garde le principe du contre-pied. Investissons l'argent public local dans ce qui a été délaissé, souvent considéré comme has been, mais qui est consommé sur place et ne demande pas des complexes industriels hors de notre portée : le textile, l’ameublement, les vélos, les matériaux de construction …

Monsieur le président Gimbert, le gouvernement cherche à agir via la compétitivité. Soyez complémentaire, et agissez au plus près de l’emploi.

Francis Odier, 6 novembre 2012