07 janvier 2011

La presque gratuité des Bus - une aventure administrative

« 40 euros par an pour les jeunes, 105 euros pour le plein tarif : c’est le prix fixé en 2009 pour se déplacer dans le Pays du Grésivaudan en bus. Nous atteignons presque la gratuité : les recettes de vente de billets représentent seulement 1 % des dépenses » [Francis Gimbert, vice-président de la communauté de communes du Grésivaudan en charge du transport, dans Les Antennes, oct / nov 2010].

 

Avec les Transports du Grésivaudan, bénéficiez de tarifs préférentiels

Voir http://www.le-gresivaudan.fr/Tarifs-preferentiels-TransIs...

Depuis juillet 2010, « la Communauté de communes Le Grésivaudan vous permet de bénéficier d’un abonnement TransIsère deux zones au coût d’un abonnement d’une zone. Le Grésivaudan a en effet décidé de compenser les usagers abonnés à TransIsère et pénalisés par le redécoupage des zones tarifaires, opéré depuis le 1er septembre 2009.

Vous pouvez bénéficier d’un remboursement d’une partie de votre abonnement TransIsère :

- Si vous résidez ou travaillez dans une des communes de la Communauté de communes Le Grésivaudan     Ou

- Si vous êtes scolarisé dans un établissement situé sur la Communauté de communes Le Grésivaudan. »

 

Voir la grille tarifaire sur le site du Grésivaudan. Il y a deux barèmes et un formulaire de demande de remboursement à télécharger. Selon le barème (désolé, je n’ai pas compris comment est déterminé le barème), le prix annuel payé au final (après remboursement) pour l’abonnement TransIsère deux zones s’échelonne entre 144 et 580 €.

 

A la rubrique « Titres & Tarifs », le site TransIsère - www.transisere.fr- appâte le chaland : « Vous avez peut-être droit à réduction ! »

 

Voici la liste des heureux bénéficiaires d’une réduction – et tant pis pour vous si vous ne savez pas ce que c’est qu’un PDE ou un PDA :

·        Vous avez moins de 19 ans

·        Vous avez moins de 26 ans

·        Vous êtes scolaire jusqu'au BAC, apprenti de -26 ans ou en contrat de professionnalisation

·        Vous êtes une personne présentant un handicap modéré à grave

·        Vous possédez la carte "famille nombreuse SNCF"

·        Vous êtes demandeur d'asile

·        Vous êtes salarié bénéficiant d'un PDE / PDA

·        Vous êtes demandeur d'emploi et/ou personne à faibles ressources

 

D’emblée nous sommes mis en garde sur la complexité de l’affaire, avant même de savoir de quel abonnement nous avons besoin :

  • « Tous les titres doivent être accompagnés d'un reçu à l'exception du billet 1 trajet.
  • Pour l'accès aux tarifs réduits, l'établissement préalable d'un Pass Identité est obligatoire.

Je suis intéressé par le Pass Annuel : « Valable 12 mois, il permet d'effectuer autant de trajets que souhaités pendant une période de 12 mois consécutifs (du 1er au dernier jour du mois), et donne accès à toutes les lignes Transisère et à tous les réseaux urbains isérois (hors SNCF) dans la limite des zones achetées. Pour être valable, le pass annuel doit être accompagné d'un reçu. Le Pass Annuel est nominatif et nécessite l'établissement d'un Pass Identité.

 

Damned, il faut d’abord que je prenne aussi un Pass Identité.

Mince, je ne pourrai pas prendre le train entre Grenoble Gare et Gières Université, ou entre Gières Université et Brignoud !

Doute atroce : ici, rien n’est dit sur les Transports du Grésivaudan.

Pour obtenir le Pass Identité, la première étape est « remplissez le formulaire "Simplifiez vous les transports"! et joignez une photo d'identité + les pièces justifiant votre réduction.

Quelles sont les pièces justificatives à fournir ? Mystère.

 

Je suis allé voir la SNCF, TER Rhône Alpes. Il y a 35 produits. Je trouve mon bonheur avec Abonnement Combiné TER + TAG Tout Public. « Cet abonnement mensuel (du 1er au dernier jour du mois) vous permet d'emprunter le TER depuis une gare de Rhône-Alpes jusqu'à Grenoble et de circuler librement sur le périmètre des transports urbains (PTU) de l'agglomération grenobloise en bus, tram ou TER *.

Avec cet abonnement, économisez 13% ** en moyenne en combinant vos abonnements TER + TAG

* liste des gares du périmètre des transports urbains : Echirolles, Grenoble, Grenoble-Universités-Gières, Pont-de-Claix, Saint-Egrève.

Pas de chance, il faudra que je rentre à pied depuis Gières ou que j’achète aussi un abonnement Transports du Grésivaudan.

J’essaye la carte Carte TER illico FREQUENCE. Cette carte permet d'obtenir jusqu'à 50% de réduction* dans tous les trains et autocars TER en Rhône-Alpes, quelle que soit la distance !

Je reviendrai quand TER aura repris le réseau du Grésivaudan …

 

On est loin de la simplicité. La gratuité permettrait d’abandonner ce type d’usine à gaz. C’est une erreur de croire que ces contraintes administratives ne jouent qu’un rôle minime dans l’attractivité du transport.

 

Imaginez le choc sociétal qui serait provoqué cette simple annonce : « Les transports en bus sont gratuits dans la région de Grenoble ».

 

En Ile de France, il y a une Autorité Organisatrice des Transports, le STIF. Petit jeu ! Ici, dans la région de Grenoble, un territoire beaucoup plus complexe, étendu et peuplé que l’Ile de France, nous avons toute une collection d’AOT : le Conseil Général, le Grésivaudan, le Pays Voironnais, la Métro …

 

Plutôt que créer une nième instance administrative, un syndicat mixte chargé de coordonner les AOT, mieux vaudrait dissoudre l’AOT du Grésivaudan et transférer son réseau (avec les ressources financières associées) au Conseil Général.

 

7 janvier 2011

02 janvier 2011

Déplacements : un grand retournement ... à petite vitesse

En matière de transports en France, la décennie 2000 – 2010 restera marquée comme celle du grand retournement de tendance : la fin de la croissance continue du trafic automobile.

 

Les experts sont formels (source : Enquête Ménages Déplacements 2010 sur la grande région grenobloise) : « Depuis 2006, des inflexions incontestables sont constatées dans les enquêtes ménages-déplacements menées dans les grandes agglomérations :

ü  baisse de la mobilité totale

ü  baisse de la mobilité voiture

ü  relance du vélo

ü  diminution de la part de marché voiture

ü  augmentation de la part de marché TC » 

 

Conf_presse_0612 2010 - enquete ménage.pdf

 

Le pic automobile est passé, de même que le pic pétrolier.

 

Une question qui se pose, maintenant, est celle du rythme d’évolution : pendant combien d’années encore les transports vont-ils rester une source majeure de nuisances ?

 

A cet égard, il est intéressant de comparer ce qui se passe dans l’agglomération grenobloise et hors agglomération :

-        la mobilité vélo est en augmentation uniquement dans l’agglomération : entre 2002 et 2010, + 43 % dans l’agglo, - 12 % hors agglo.

-        le parc automobile poursuit son développement. Le nombre de voitures à disposition augmente plus vite que la population. L’équipement automobile se développe sur l’ensemble des territoires, mais plus rapidement hors de l’agglomération grenobloise : + 3 % dans l’agglo, + 19 % en dehors.

-        la mobilité voiture est en forte baisse, surtout dans l’agglo : - 18 %, contre – 9 % dans le reste de la région grenobloise ;

-        à l’inverse, les transports collectifs augmentent plus fortement en dehors de l’agglo : + 22 %, contre + 13 % dans l’agglo. La hausse est plus sensible dans le Grésivaudan où les transports collectifs passent de 6 à 9 % que dans le Pays Voironnais (5% à 6%).

 

Ce qui apparaît ici, dans les premiers chiffres publiés de cette passionnante enquête ménage déplacements, c’est que rien n’est gagné en matière de mobilité douce ou collective en secteur péri-urbain. Autant l’inversion de tendance est réjouissante, autant la lenteur d’évolution me plonge dans une immense perplexité.

 

Pour le vélo, au risque de désespérer les municipalités qui ont construit les pistes cyclables ces dernières années, on voit que tout reste à faire en secteur péri-urbain : les statistiques sont cruelles, le vélo reste marginal.

 

La navette Express Voiron – Crolles (mise en service en 2003) a une fréquentation croissante et très honorable, de nombreuses grandes entreprises ont mis en place un Plan de Déplacement d’Entreprise –cf par exemple le PDE de ST qui a conduit à doubler, voire tripler, le nombre d’abonnés TransIsère, le Grésivaudan a créé en 2009 son propre réseau de Bus … et pourtant, la voiture représente encore 69 % des déplacements dans le Grésivaudan. Au rythme actuel, il faudrait attendre 2040 pour que la part de la voiture passe sous la barre des 50 % ! Et il s’agit d’une statistique en nombre de déplacements,  ne parlons pas des km parcourus …

 

Premier scénario : le report vers les Transports en Commun va s’accélérer car les Transports du Grésivaudan vont monter en puissance, en particulier suite à une campagne massive de communication, et car l’offre ferroviaire va être largement développée. Je voudrais bien m’approprier ces espoirs … mais le réalisme me fait constater que le réseau TransIsère plafonne (cf les restrictions décidées à l’automne 2010), que le Grésivaudan s’inquiète pour le coût de son réseau de transport, que la SNCF cherche à réduire sa dette, que l’électrification de la ligne Grenoble – Chambéry tarde à venir … Bref, la communication ne suffira pas et je crains que nos collectivités locales ne soient pas décidées à investir beaucoup plus dans les transports en commun.

 

Second scénario : le prix du pétrole retrouve ses niveaux sympathiques de l’été 2008 (avec un sommet à 148 $ le baril). Nous y allons peut-être doucement (91 $ aujourd'hui 2 janvier). La contrainte financière pénaliserait les ménages les plus modestes, et conduirait assez rapidement les élus à se mobiliser pour élargir l’offre de transports en commun. Dans ce scénario, nous subissons la situation économique internationale. Ce n’est pas vraiment satisfaisant.

 

D’où l’idée qu’on ne peut pas se contenter de jouer sur l’offre : il faut aussi agir sur la demande de mobilité, et d’abord de la demande de mobilité en voiture individuelle. C’est pourquoi il est urgent d’accélérer les études sur le péage urbain … si on ne veut pas rester empoisonné par les voitures pendant des décennies.

 

Il y a mille et une explications à la situation actuelle en matière de déplacements, mais il n’y a aucune raison de se résigner à une évolution à petite vitesse. Pensons que le téléphone mobile et Internet se sont déployés en une dizaine d’années, souvenons-nous de la vitesse de construction du métro parisien au début du 20ème siècle, relisons l’histoire de l’industrie de l’armement aux Etats-Unis pendant la seconde guerre mondiale  …

 

Allez, c’est décidé, en 2011, on appuie sur le champignon du péage, on lève le pied sur la bagnole, on installe un plan du réseau à tous les arrêts de bus, on prend le risque de la gratuité pour les bus … et on poursuit notre petit bonhomme de chemin pour la construction du réseau cyclable.

 

2 janvier 2011

 

Sur le péage urbain : www.edgarie.fr/archive/2010/08/10/pour-un-peage-urbain-a-... 

01 janvier 2011

A quoi sert un PLU ? L'exemple de l'hypermarché

Cette affaire d’hypermarché à Crolles, c’est un peu comme la déviation : un vrai serpent de mer, une question emblématique d’aménagement. Mais contrairement à la déviation, ce dossier a évolué de manière significative depuis quelques années.

 

La question « aurons-nous un hypermarché à Crolles ? » est récurrente depuis que le schéma directeur 2000 – 2010 de la région grenobloise « envisage (…) la possibilité d’implantation de nouveaux grands ensembles commerciaux à Crolles, Le Touvet, Pontcharra et de moyennes surfaces sur les pôles de  Villard-Bonnot, Goncelin, Allevard ». Ce schéma directeur reste applicable à ce jour.

 

En décembre 2007, lors d’une réunion publique sur le PLU, la municipalité présentait trois propositions de la grande distribution avec des surfaces de vente allant de 10 000 à 18 000 m2, sachant que la surface de vente de Casino est de l’ordre de 2500 m2. A l’époque, le maire prenait une certaine distance vis-à-vis de ces propositions, sans pour autant les exclure.

 

Aujourd’hui, il y a un assez large consensus, en France comme à Crolles, pour considérer que le modèle de l’hypermarché ne doit plus être reproduit car il contribue au dépérissement des centres villes, à la consommation d’espace, au trafic routier et aux encombrements aux abords des villes, à l’étalement urbain, à la culture de la consommation …

 

C’est dans cette logique que le PADD (Projet d’Aménagement et de Développement Durable) a inscrit au titre des leviers d’action : « Dynamiser le tissu commercial de proximité (centre-ville et quartiers) et développer dans le sud de la commune des moyennes surfaces ». En cohérence avec le PADD, le représentant de la commune a émis un avis défavorable à l’agrandissement de Casino (il était demandé + 978 m2, avec passage à l’enseigne Hyper) lors de la Commission Départementale d’Aménagement Commercial du 8 novembre dernier. Suivant l’avis de la commune, comme cela est fréquent, la commission a rendu un avis défavorable.

 

Le projet d'extension :  CDAC du 8 nov 2010 - doc préparatoire sur Extension Casino à Crolles.pdf

L'avis de la commission : PV de la CDAC du 8 nov 2010 sur agrandissement Casino de Crolles.pdf

 

Alors, tout est bien qui finit bien ? Il est trop tôt pour le dire. Il est possible que le Groupe Casino fasse appel de la décision. La commune sera alors confrontée à une difficulté de taille : l’agrandissement demandé est conforme au schéma directeur et le règlement d’urbanisme adopté dans le cadre du PLU est très peu restrictif pour le secteur concerné.

 

Depuis 2007, l’affichage politique de la municipalité a favorablement évolué sur cette question de la grande distribution. Le PLU était l’occasion de concrétiser cet affichage dans un texte réglementaire en édictant des règles proscrivant l’ouverture d’un hypermarché. Cette occasion a été manquée, ce qui risque de placer la commune dans l’obligation d’accepter un établissement non bienvenu, alors que d’autres projets (le centre commercial sur l’ancien site UGIMAG, Satoriz) acceptés ou encouragés par la municipalité vont avoir comme effet d’augmenter considérablement les surfaces commerciales, en drainant des clients venant de tout le Grésivaudan. 

 

Voir le dossier PLU : http://www.edgarie.fr/archive/2010/01/11/plu-de-crolles-le-dossier.html

Publié dans le journal municipal - janvier 2011

10 août 2010

Pour un péage urbain à Grenoble

Quelques mots d’histoire

 

A la fin des années 1970, les crollois, avec Paul Jargot en tête (sénateur de l’Isère et maire de Crolles … le cumul des mandats est une tradition ancienne …), se sont battus pour obtenir la suppression du péage A41 entre Crolles et Grenoble. Ils ont obtenu gain de cause en 1981 avec l’arrivée du communiste Charles Fiterman au ministère des Transports (rien de tel qu’un ami politique au gouvernement pour faire avancer un dossier local … là encore, hélas, rien n’a changé depuis 30 ans …). Les barrières de péage sur les bretelles d’entrée et de sortie au niveau de Crolles ont été démontées. On peut encore en voir quelques traces sur les bas côtés, en particulier sur la bretelle qui va vers Brignoud.

 

A l’époque, il s’agissait de militer pour la libre circulation automobile sur un itinéraire auparavant gratuit, l’A41 ayant été construite par agrandissement d’une route à trois voies. Beaucoup de citoyens, automobilistes et contribuables, trouvaient scandaleux de devoir payer à un concessionnaire privé pour une route construite avec les deniers de l’État.

 

Cette bataille crolloise peut aussi être vue comme un des derniers épisodes d’une lutte séculaire pour le démantèlement des péages. Mais nous participons aujourd’hui à un retournement historique.

 

Le Grenelle 2 … et le retour des péages

 

Avec le temps, notre préférence collective pour la voiture s’émousse quelque peu. Les encombrements récurrents et les alertes à la pollution nous rappellent presque quotidiennement que favoriser le trafic des voitures et des camions n’a pas que des avantages et qu’il ne serait pas stupide de mettre en place des restrictions au trafic routier.

 

C’est dans ce contexte que vient d’être votée la loi dite Grenelle 2 qui, à défaut de taxe carbone ou de péage poids lourds comme cela avait été annoncé initialement, autorise l’expérimentation du péage urbain dans les agglomérations de plus de 300.000 habitants.

 

« Pour l’Association des Maires des Grandes Villes de France (AMGVF), le droit à l’expérimentation du péage urbain constitue un dispositif supplémentaire au service de la mobilité urbaine conforme au principe de la libre administration des collectivités territoriales. Michel DESTOT, Président de l’AMGVF, Député-Maire de Grenoble, précise que ce droit à l’expérimentation peut permettre de réduire les émissions de gaz à effet de serre et la pollution atmosphérique responsable de 30 000 morts prématurés chaque année. Toutefois, il ajoute que ce droit à l’expérimentation ne doit pas être socialement discriminant. « Il nécessite le développement de transports alternatifs au service des populations concernées ». [communiqué de presse AMGVF, 17 juin 2010].

Marc BAÏETTO, président de la Métro, « souhaite engager la réflexion après l’été » [le DL, 2 juillet 2010]. Selon lui, le modèle économique actuel des transports en commun vit ses derniers jours de « flamboyance ». L’usager paie dans le meilleur des cas 50 % des coûts, 16 % dans l’agglo ». Et, ajoutons, moins de 10 % pour le réseau du Grésivaudan.

 

 

Techniquement facile à installer (les technologies sont disponibles), totalement réversible (si le péage est une erreur, il pourra être abandonné rapidement), peu coûteux pour les finances publiques et jouant un rôle dissuasif vis à vis du transport en voiture individuelle, un péage urbain à Grenoble pourrait avoir des effets positifs pour tout le Grésivaudan, en dopant les transports en commun et le co-voiturage, et en allégeant le trafic de transit dans les villages. On peut même rêver qu’un péage urbain à Grenoble contribue à rendre inutile la déviation de Crolles !

 

10 août 2010

21 juin 2010

L'avis critique du préfet sur le PLU de Crolles

 

[21 juin 2010]

 

LE sujet le plus important à traiter par le conseil municipal, c’est bien l’urbanisme qui engage l’évolution de la commune pour des décennies. C’est pourquoi nous revenons sur le projet de PLU qui vient d’être soumis à enquête publique en donnant un aperçu de l’avis du préfet sur ce dossier.  avis préfet sur PLU de Crolles - mai 2010.pdf (attention : 7 Mo)

 

Voir aussi l' avis critique de la chambre d'agriculture  avis Chb Agric 1.pdf  et l'avis du Conseil Général de l'Isère  avis CG38.pdf  qui demande l'application de la convention AREA - COSI - Département, ce qui revient à mettre en cause le projet de déviation.

 

Selon la loi, le règlement PLU a comme objet de définir des règles qui permettent d’atteindre les objectifs définis dans le Projet d’Aménagement et de Développement Durable (PADD). Or le préfet relève plusieurs objectifs du PADD non transcrits dans le règlement PLU.

 

 Exemples : le règlement PLU ne dit pas comment « affirmer une ambition architecturale et une esthétique urbaine de qualité » ; « la préservation des perspectives sur les grands paysages n’est suivie d’aucune mesure concrète » ; «  le PADD affiche comme « levier d’action » la dynamisation du tissu commercial de proximité et le développement de moyennes surfaces notamment dans le sud de la commune, mais le PLU ne précise pas de quelle manière cet objectif sera mis en œuvre ».

 

Ce qui apparaît clairement, à la lecture de l’avis du préfet, c’est que, sur de nombreux points, le PADD n’est qu’un document creux, le PLU ne contenant pas les dispositions qui permettraient de concrétiser les objectifs affichés par la commune.

 

Sur la voie de contournement, le préfet est très critique. D’emblée, il signale que la commune n’a pas justifié son projet : « il convient d’exposer et de justifier de manière détaillée le tracé de la voie de contournement, notamment en raison de son impact sur plusieurs zones protégées à divers titres : (…) ».

 

Ensuite, après de nombreuses remarques sur les imprécisions et erreurs du chapitre « déplacements » du rapport de présentation, il indique : « concernant la voie d’évitement, son intérêt semble à relativiser. En effet, la part de trafic de transit qui pourra être captée est faible vis à vis du trafic global sur la RD 1090, même si une partie du trafic d’échange est susceptible de l’emprunter. Par contre, elle rend à nouveau plus attractif l’emprunt de la RD 1090 depuis Chambéry ou Pontcharra. Le risque est de renvoyer sur la RD 1090 une partie du trafic de transit actuellement présent sur l’autoroute A41 ».

 

Le préfet relève un certain nombre de lacunes dans le rapport de présentation du PLU, lacunes portant notamment sur :

-       la ressource en eau : « les besoins en eau potable ne sont pas indiqués pour l’avenir », sans doute car la commune n’a effectué aucune simulation sur l’évolution de la population ;

-       les risques naturels : certains risques (par exemple le « ruissellement généralisé de versant ») n’ont pas été cités, ce qui évoque, pour nous, l’erreur consistant à développer l’urbanisation en pied de coteaux ;

-       les risques technologiques : le rapport ne mentionne pas que « le site de l’ancien établissement EUROMAG UGIMAG] est répertorié au titre des sites et sols pollués », et pourtant la municipalité a approuvé récemment l’implantation sur ce site d’un futur centre commercial.

 

Bien d’autres manques et imprécisions sont mentionnés par le préfet qui signale ainsi la piètre qualité du rapport de présentation du PLU. Il faut pourtant rappeler qu’il n’y a pas de démocratie sans information sincère des citoyens. 

 

Après 15 pages d’observations critiques, le préfet conclut avec « un avis favorable sous réserve » de la prise en compte d’un certain nombre d’observations et il « attire l’attention sur les remarques formulées quant aux attendus du projet de voie de contournement ».

17 avril 2010

Une décision en catimini : un nouvel hypermarché à Crolles

La commission départementale d’aménagement commercial vient de donner un avis favorable à la demande d’installation sur Crolles d’un établissement de 3165 m2 de surface de vente.  Avis commisssion 38 sur création commerce à Crolles - mars 2010.pdf

 

Il s'agit là d'une nouvelle illustration du double langage de l'exécutif local qui se prétend exemplaire en matière de concertation publique et de développement durable.

 

Le projet porte sur un (petit) hypermarché (on nomme hypermarché toute surface de vente supérieure à 2500 m2), alors que le Projet d’Aménagement et de Développement Durable de Crolles ne prévoit que des « moyennes surfaces ».

 

Ce projet d’équipement n’a jamais été discuté en réunion publique (PLU, Agenda 21), en commission municipale ou au conseil municipal. L'usage du foncier est pourtant le sujet par excellence qui devrait donner lieu à débat politique.

 

Le site visé est une friche industrielle, probablement les anciens sites UGIMAG et NALCO : il s'agit donc de transformer un site industriel en site commercial, alimentant ainsi la désindustrialisation. Il y a quelques années, le site avait été envisagé pour installer une gare tram / train. Le tram / train est-il aussi enterré en catimini ?

  

Lors de la commission départemenale, le représentant de la commune a voté Pour, en contradiction flagrante avec la politique affichée de développement durable.

 

Dans ce dossier, tous les indicateurs « développement durable » sont au rouge comme l’indique la commission elle-même :

      « l’absence de connaissance des enseignes ne permet pas d’évaluer l’impact du projet sur les flux de transport » - alors qu’il faudrait, comme c’est prévu dans le PADD, poser comme priorité l’organisation des déplacements préalablement à tout projet modifiant le fonctionnement urbain,

      « la qualité environnementale du projet est insuffisante et  en matière de développement durable notamment la gestion de l’eau et des déchets n’est pas prise en compte »,

      « le secteur est desservi par les transports en commun, mais les fréquences sont très faibles, surtout le samedi ».

 

La personne qualifiée en matière de développement durable a voté Contre, de même que la personne qualifiée en matière d’aménagement du territoire … et la majorité municipale va maintenant nous expliquer, sans doute avec un bel aplomb, que ce nouvel équipement est en parfaite cohérence avec sa politique de développement durable !

 

17 avril 2010

25 novembre 2009

Avis sur la Rocade Nord

A l’attention de :          Monsieur le Président de la commission d’enquête - Préfecture de l’Isère - Bureau de l’urbanisme  - Enquête Rocade Nord

 

Monsieur,

Comme toutes les nouvelles infrastructures routières, la Rocade Nord serait une incitation à l’usage de la voiture. Elle aurait donc un effet favorisant sur le trafic routier en véhicule individuel.

En conséquence, les habitants du Grésivaudan sont directement concernés par le projet de Rocade Nord :

-       via la pollution (les poussières fines s’accumulant et stagnant dans toute la vallée) générée par le trafic automobile qui serait accru. La situation du bassin grenoblois est déjà connu comme n’étant pas satisfaisante du point de vue de la qualité de l’air ;

-       via les effets induits sur le trafic routier en transit dans nos villages (Lumbin, Crolles, Bernin …) – alors même que les habitants de ces centres villages souffrent déjà de nuisances sonores importantes ;

-       via les effets induits sur le financement des transports collectifs par le Conseil Général – alors même que les besoins d’amélioration de ces transports collectifs sont considérables.

Pour dire les choses crûment et sans détour, compte-tenu des problèmes de pollution liés à la circulation automobile dans la région grenobloise, des besoins d’amélioration des réseaux de transports collectifs en sites propres, de la situation des finances publiques (État et collectivités territoriales), des enjeux liés au réchauffement climatique, je considère qu’il serait irresponsable de décider la construction de la Rocade Nord.

En vous remerciant de votre attention et en vous priant de conclure votre enquête par un avis défavorable, je vous prie d’agréer, Monsieur, mes sentiments distingués.

Francis Odier; 25 novembre 2009

Publié dans Grésivaudan, Mobilité

A41 - La convention oubliée

Entre Crolles et Brignoud, matin et soir, soir et matin, entre le Rafour et l’autoroute, vous êtes nombreux à vous demander : « mais quand donc cet échangeur sera-t-il aménagé pour faciliter le trafic ? ».

 

La logique voudrait que des échangeurs soient aménagés à Bernin et La Terrasse pour « rabattre » le trafic routier sur l’autoroute, ce qui soulagerait d’autant le secteur du Rafour.

 

Nos élus ont eu cette idée il y a plusieurs années. En 2003, une convention a été signée entre la commune de Crolles, la COSI, le Conseil Général et AREA. Elle proposait un programme d’aménagement dont la mise en œuvre aurait été bien utile. Extraits de cette convention :

« (…entre Grenoble et le Grésivaudan), il convient donc de donner la priorité au développement des transports collectifs, de calibrer en conséquence l’augmentation des capacités routières (tous axes confondus). Le trafic automobile doit être orienté en priorité sur l’autoroute, plus sûre et moins nuisante que les voiries traditionnelles aux abords desquelles il est essentiel de préserver la qualité de vie des riverains (…). Il convient en conséquence :

-       d’éviter la construction de nouvelles routes parallèles à l’autoroute dont la conception porterait préjudice à l’orientation du trafic sur l’autoroute, sauf à leur donner un caractère urbain ou local et à limiter leur capacité, pour maîtriser le volume et la vitesse de circulation, et préserver ainsi les populations riveraines ;

-       de faciliter l’accès à l’autoroute par la création de nouveaux (demi) échangeurs : (…) Bernin, La Terrasse, La Bâtie.

 

…) Un itinéraire d’évitement du centre-ville de Crolles sera également aménagé. Pour permettre de dévier le centre-ville de Crolles sans attirer les trafics qui ont vocation à utiliser l’autoroute, les co-signataires conviennent de donner à cet itinéraire des caractéristiques urbaines, avec des vitesses de circulation réduites ; cette déviation ne sera en aucune façon rocade classique en rase campagne ».

 

Le texte complet de la convention : convention 2003 sur transports moyen grésivaudan.pdf

 

A l’exception du quart échangeur de Bernin, cette convention est restée lettre morte. Conséquences : voir le Rafour en heures de pointe … L’abandon du programme d’aménagement des échangeurs n’a pas vraiment profité aux transports collectifs. Dans le sens Grésivaudan – Grenoble, l’Express, après son passage dans la zone industrielle, est obligé de revenir au Rafour. Le bus en est d’autant moins incitatif.

 

Pour ce qui concerne l’échangeur de La Terrasse, la commune de Crolles contribue au blocage actuel. Tournant le dos à ce qui était prévu dans la convention, le projet actuel de déviation est à l’évidence une rocade classique en rase campagne. AREA l’a bien compris et, en conséquence, n’est pas volontaire pour investir sur un demi-échangeur qui risque d’être inutilisé du fait de la déviation de Crolles. Ainsi, sans même sortir des cartons, le projet de déviation contribue aux embouteillages !

 

Dans une sorte de fuite en avant, oubliant la convention signée il y a quelques années, le Grésivaudan lance des études sur un transport par câble entre Crolles et Brignoud. Il serait plus raisonnable d’étudier d’abord, globalement, l’amélioration des flux entre les deux rives de l’Isère, de mieux utiliser l’autoroute via des demi-échangeurs complémentaires, de comparer l’ensemble des solutions disponibles, en intégrant la refonte éventuelle de l’échangeur du Rafour.

 

Crolles, Journal Municipal, décembre 2009.

 

Publié dans Crolles, Grésivaudan

26 septembre 2009

L'Agriculture - secteur d'avenir

Sans le soutien des collectivités locales, le développement du Bio ne se fera que très lentement.

Fin août, sur les communes de Lumbin et La Terrasse, l'affaire du traitement à la deltaméthrine nous rappelle cruellement que, malgré tous les beaux discours du Grenelle sur la nécessité de réduire l'usage des pesticides, les mauvaises habitudes ont la vie dure. Dans le cadre de la lutte contre la chrysomèle du maïs, un insecticide dangereux est utilisé avec des doses bien supérieures à ce qui est prescrit. Pourtant, il existe des alternatives, par exemple la rotation culturale des maïs, notamment mise en œuvre par les agriculteurs crollois avec le soutien de la commune.
Emoi dans le landernau Crollois. Trait d'Union alerte. Le député Brottes écrit au préfet - Courrier Brottes au préfet sur deltaméthrine.pdf. Affaire à suivre.

------- Journal Municipal - octobre 2009 - Chronique de Ensemble pour Crolles - ---

Depuis les années 1960, l’agriculture a souvent été considérée comme un secteur en déclin et à protéger, comme nos monuments historiques. L’agriculture était une préoccupation seconde. Dans la concurrence sur l’usage du foncier, les terres agricoles ont perdu à maintes reprises face à l’urbanisation, aux zones industrielles et commerciales, aux routes.

Nous sommes actuellement à une période charnière. D’un côté, le mouvement de perte des terres agricoles se poursuit. A Crolles, nous avons ainsi de grandes réserves foncières, cultivées mais susceptibles d’être sacrifiées pour étendre la zone industrielle. De même, la déviation, comme la digue du Fragnès, encore dans les cartons, consommeraient plusieurs hectares à vocation agricole.

D’un autre côté, on observe les frémissements d’un changement de tendance.

Le Projet d’Aménagement et de Développement Durable (PADD) qui vient d’être adopté témoigne d’une position encore ambiguë vis à vis de l’agriculture. Extrait du PADD : « Éviter le mitage et garantir la pérennité des espaces agricoles et des zones cultivables. Le PLU devra préserver pour les activités agricoles les espaces nécessaires au fonctionnement des exploitations agricoles et assurer leur protection à long terme. Cette décision vise : Le maintien des exploitations déjà présentes et leur besoin de diversification, ou le cas échéant la création des conditions favorables à l’installation de nouvelles exploitations (…) ».

La dominante du texte reste défensive : il s’agit de « préserver » et d’assurer le « maintien » et la « protection » des activités agricoles. Mais, on note aussi une inflexion heureuse, même si elle reste légère : le PADD envisage l’installation de nouvelles exploitations.

Les communes et le Grésivaudan doivent être très volontaristes pour promouvoir une agriculture respectueuse de l’environnement. De nombreuses mesures concrètes sont disponibles et connues :

- Susciter et aider la création d’unités locales de transformation : fabrication de matériaux isolants d’origine agricole, fabrication de copeaux de bois à partir de taillis, valorisation des déchets verts …

- Promouvoir et privilégier les producteurs locaux : rendez-vous à la ferme des Échelles, voir aussi les bonnes adresses de l’Y Grenoblois sur www.adayg.org.

- Construire les zones industrielles sur les friches industrielles – et non sur les terres agricoles.

- Soutenir les produits Bio, en commençant par utiliser des produits Bio dans les cantines - cf www.ouiaubiodansmacantine.fr – l’intérêt du bio est qu’il tire toute une filière agricole créatrice d’emplois et saine pour l’environnement.

- Négocier avec les agriculteurs et les services de l’État des changements de pratique – pour limiter l’usage des pesticides et éviter les traitements intempestifs et dangereux du type de ceux que le préfet a imposé récemment contre la chrysomèle du maïs.

- Aider financièrement les jeunes agriculteurs qui veulent s’installer – il y en a, voir par exemple www.terredeliens.org

Avec l’agriculture nous avons, une fois de plus, un domaine où il y a un large consensus sur la nécessité d’agir … et où les changements se font à la vitesse de l’escargot faute de décisions, de priorités et donc de moyens à la hauteur des enjeux.

Publié dans Grésivaudan