17 décembre 2011
Le journal de Crolles en ligne
Un nouveau journal en ligne est apparu récemment pour Crolles et le Grésivaudan.
Voilà qui explique ma faible production ces dernières semaines sur le voyage en Edgarie.
J'écrivais sur www.lecrollois.fr
Deux blogs pour le prix d'un, merci blogspirit ! Mais il faut maintenant que j'écrive deux fois plus ...
A +
Francis Odier
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09 juin 2011
3 ans et demi de mandat et un constat - Terrain fertile, démocratie étriquée
Quelle est la situation de la démocratie locale à Crolles ? Quel niveau de maturité ? Comment progresser ? Ces questions sont au cœur de mon engagement au conseil municipal depuis fin 2007 où j’ai décidé d’être candidat jusqu’à mai 2011 où je passe la main au suivant sur la liste Ensemble pour Crolles.
Trois ans de mandat, c’est une durée plus que suffisante pour construire un diagnostic fondé sur des éléments concrets, vécus, étayés par des documents consultables en mairie et des informations vérifiables auprès des acteurs locaux.
Mon constat est celui d’une occasion manquée, une démocratie gâchée, étriquée, qui reste médiocre alors qu’elle pourrait être épanouie, innovante, rayonnante.
On m’objectera facilement que Crolles ne fait que reproduire ce qui se passe ailleurs, que notre bonne ville n’est pas moins démocratique que la moyenne. Certes. Sans doute. Et alors ? Mon seul objectif est de montrer que l’on pourrait faire tellement mieux !
Ici, (presque) toutes les conditions sont réunies pour permettre l’éclosion d’une vie locale telle qu’on la rêve dans la plupart des mouvements politiques. (...)
Le récit - 2 pages : Récit - 3 ans et demi de mandat et un constat.pdf
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3 h 30 de crolleries
En clôture de mon mandat d’élu local, je suis heureux d’avoir participé à ce conseil du 27 mai 2011. Avec un ordre du jour particulièrement dense, ce fut une anthologie du fonctionnement de notre assemblée, en s’approchant du meilleur qui pourrait réconcilier la politique et les citoyens, sans frôler le pire qui justifierait vraiment de s’indigner, mais avec quelques exemples de cette démocratie gâchée qui anesthésie et pollue la vie publique.
Le conseil était presque au complet, signe d’un grand jour. Même Olivier avait fait le déplacement.
L’ambiance était plutôt détendue. Chacun échangea quelques nouvelles avec ses voisins. Nous eûmes le bon mot du maire sur le mur de Bernin qui venait de tomber. Certains s’affairaient sur leur BlackBerry, leur iPod, leur iPhone ou d’autres joujoux modernes qui permettent de s’évader d’un lieu où l’on regrette de s’être rendu sans avoir osé ne pas s’y rendre.
Trois délibérations rectificatives, un pourvoi en cassation sur l’affaire du Château, une transaction pour clore un litige avec un fournisseur … l’ombre du contentieux et du contrôle juridique planait dans l’assemblée. C’est peut-être ce climat qui conduisit le maire à affirmer qu’il fallait se soustraire à la loi, comme s’il voulait par ce lapsus inédit nous faire partager sa douleur à se soumettre !
Le récit de ce conseil - 5 pages : Récit - 3 h 30 de crolleries.pdf
Le sommaire du récit :
- Deux opérations bien contrastées de réhabilitation thermique
- Vite, une salle festive !
- Et l’adjointe parla …
- Le cheminement piéton cycle dans le parc du château se fait attendre
- Un dérapage très contrôlé
- L’eau, bien essentiel
- Pas besoin de 6ème république
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Fin du mandat
Juin 2011. Le journal municipal est paru avec mon dernier billet en tant que "conseiller municipal d'opposition", oubliant que j'ai été élu sur une liste nommée "Ensemble pour Crolles".
Ce titre de conseiller d'opposition a été choisi par la rédaction, je me suis souvent déclaré conseiller minoritaire, la loi parle des conseillers "n'appartenant pas à la majorité".
Au final, j'ai été minoritaire, opposant et surtout isolé, et tel est le motif principal de cette démission, ainsi que je l'explique dans le journal municipal :
(...), je pense avoir fait le tour de ce que je peux apporter à la commune dans ma situation de conseiller minoritaire, libre de parole au sein d’une assemblée à majorité taiseuse qui privilégie le plus souvent la discipline et le soutien du chef au détriment de la réflexion collective. Je n’ai pas vocation à rester isolé, enferré dans un rôle d’opposant qui contribue à maintenir l’illusion d’une démocratie locale vivante.
Il est temps pour moi de prendre congé du conseil municipal. La roue tourne. Merci à Marc Lizère qui m’a permis de vivre cette expérience étonnante. Bonne continuation à tous les militants de la justice, de la fraternité, de la pensée, de l’écologie humaniste et autres belles utopies.
Fin du mandat, 7 juin 2011
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11 mai 2011
La transparence fumée crolloise
On le sait à propos du nucléaire, des risques technologiques ou de l’économie, la transparence est une exigence de démocratie et d’efficacité. La crise des subprimes est pour une large part la conséquence directe de l’opacité des marchés financiers. La crise grecque a été d’autant plus grave que les comptes de l’Etat Grec n’étaient pas sincères. Ce que l’on nomme « les affaires » politico-financières, les conflits d’intérêts, ne sont rien d’autres que des dérives qui prospèrent à l’abri des regards et qui n’auraient jamais vu le jour dans un régime de transparence.
On pourrait multiplier les exemples. Retenons que la fluidité, la justesse et la sincérité de l’information sont des conditions vitales pour toute ambition démocratique.
En matière de transparence, la situation crolloise n’est guère satisfaisante comme le montrent les exemples ci-dessous. Le maire, en habile manœuvrier, avec le soutien sans faille de sa majorité, ne franchit pas la ligne rouge qui pourrait le mettre en danger. Il est plutôt borderline : donner le moins d’information possible, le plus tard possible, tout en s’affichant légaliste et de bonne volonté. C’est la forme qui masque le fond.
Je commence par un sujet d’actualité : l’obstruction vis-à-vis du droit d’expression des conseillers de l’opposition. Refus de l’expression politique de l’opposition sur le site web de la commune. Refus de publier ma chronique de mai dernier. Refus de donner la parole aux minorités à l’occasion des Etats Généraux de Crolles … La majorité crolloise apprécie peu le pluralisme, elle préfère l’entre soi.
Le budget 2011 a été voté en mars sans que les conseillers ne disposent des comptes réalisés 2010. L’information comptable sera publiée plus tard (fin juin), trop tard. Un directeur financier qui demanderait ainsi à son conseil d’administration ou à son comité d’entreprise d’approuver le budget de l’année n + 1 sans donner le réalisé provisoire de l’année n serait immédiatement limogé. Mais nous sommes à Crolles et la majorité vote le budget sans demander les comptes réalisés.
Via le vote du budget 2011, la majorité vient brusquement de décider le déménagement de la déchetterie pour 3 M€. Pour quoi faire ? Pour installer une nouvelle enseigne commerciale ? Laquelle ? Quelle urgence commande cette décision inopinée, jamais évoquée durant les discussions sur le PLU ? Voilà un manque criant de transparence sur les intentions et sur le processus de décision.
Concernant les finances, la commune devrait publier le détail de ses comptes sur le site web de la ville. Il ne s’agit pas de communiquer avec des graphiques soigneusement calibrés, mais de fournir des données sources, sur un format standard, de manière à permettre à chaque citoyen de s’approprier les chiffres et de produire ses propres analyses. Cf ma chronique sur la main à la pâte.
J'apprend incidemment que la municipalité remet le tracé de la déviation en étude. Pourquoi ? Avec quels objectifs ? Quelles contraintes ? La transparence, ce n’est pas distiller au compte goutte des informations choisies, ce devrait être la mise à disposition des élus et de la population des éléments disponibles pour apprécier la situation, faire des propositions et se préparer à donner un avis sur le projet de la municipalité.
Intéressons nous aux Transports du Grésivaudan. La transparence sur la fréquentation du réseau (avec des informations détaillées et fournies régulièrement) permettrait de répondre aux interrogations suscitées par la vue de bus vides et contribuerait à nourrir le débat sur les ajustements nécessaires de l’offre de transport.
Sur le quartier durable, en réunion publique, on nous annonce que la concertation démarre tout juste et qu’il faut en fixer ensemble les modalités. Dans le même temps, la commune lance un appel d’offres pour la maîtrise d’œuvre des voies et des réseaux, des priorités et un planning ont été établis, une enveloppe financière a été estimée, la répartition par type d’habitat est faite … Cahier des charges - pour maitrise d'oeuvre voirie et réseaux quartier durable.pdf
Le Plan Local d’Urbanisme est, avec le budget, une décision locale majeure, structurante pour l’avenir à moyen et long terme de la commune. Le PLU de Crolles a fait l’objet de réunions publiques, d’une exposition dans une salle communale et de plusieurs commissions cadre de vie. Très bien … sauf que le règlement d’urbanisme lui-même, qui est le cœur du sujet, la partie concrète, n’a été communiqué aux conseillers qu’une semaine avant la réunion du conseil municipal où il a été approuvé. Donc le règlement n’a pas été discuté. Il a été remis le plus tard possible, ce qui est la meilleure manière de limiter les analyses critiques.
Dans le cadre de l’enquête publique sur le PLU, le préfet et le commissaire enquêteur émettent des avis critiques qui pointent des faiblesses du dossier. Je demande la mise en ligne de ces avis, ainsi que l’avis de Trait d’Union, sur le site de la commune. Refus.
Nous avons là toute l’ambigüité de la transparence fumée. Formellement, l’information est disponible en mairie. Mais si, confiant dans vos élus majoritaires, vous vous contentez de lire et d’entendre la communication municipale, vous n’avez qu’une vision tronquée du dossier. Vous pouvez croire que vos conseillers d’opposition sont des marginaux enquiquineurs par principe … alors que, sur bien des sujets, ils sont en phase avec le préfet et le commissaire enquêteur !
La digue du Fragnès. Pendant plus de deux ans, je demande à consulter les études de positionnement de cet ouvrage pare-blocs qui fait débat car tout montre qu’il a été conçu en vue de la poursuite de l’urbanisation, et non dans le seul but de protéger les habitations, ce qui est pourtant l’objectif affiché. Après moult péripéties qui sont trop longues à raconter ici, le directeur des services techniques convient enfin, en commission Cadre de Vie, qu’il n’y a pas eu d’étude formelle, mais, à l’époque, une appréciation sur le terrain, sans compte-rendu écrit. Aujourd’hui, deux mois après la réunion, le compte-rendu de la commission n’est pas diffusé. Je ne sais pas si le propos du directeur technique, qui serait la première confirmation de source officielle que le positionnement n’a pas été étudié sérieusement, sera publié.
Enfin, pour conclure sur un thème qui sort de la pure responsabilité communale mais dont la municipalité pourrait cependant se saisir, le débat sur l’agriculture (nos agriculteurs sont-ils raisonnables dans l’utilisation des pesticides ?) progresserait considérablement s’il y avait transparence sur les produits phytosanitaires utilisés et sur les quantités consommées.
Francis Odier, 11 mai 2011
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01 janvier 2011
A quoi sert un PLU ? L'exemple de l'hypermarché
Cette affaire d’hypermarché à Crolles, c’est un peu comme la déviation : un vrai serpent de mer, une question emblématique d’aménagement. Mais contrairement à la déviation, ce dossier a évolué de manière significative depuis quelques années.
La question « aurons-nous un hypermarché à Crolles ? » est récurrente depuis que le schéma directeur 2000 – 2010 de la région grenobloise « envisage (…) la possibilité d’implantation de nouveaux grands ensembles commerciaux à Crolles, Le Touvet, Pontcharra et de moyennes surfaces sur les pôles de Villard-Bonnot, Goncelin, Allevard ». Ce schéma directeur reste applicable à ce jour.
En décembre 2007, lors d’une réunion publique sur le PLU, la municipalité présentait trois propositions de la grande distribution avec des surfaces de vente allant de 10 000 à 18 000 m2, sachant que la surface de vente de Casino est de l’ordre de 2500 m2. A l’époque, le maire prenait une certaine distance vis-à-vis de ces propositions, sans pour autant les exclure.
Aujourd’hui, il y a un assez large consensus, en France comme à Crolles, pour considérer que le modèle de l’hypermarché ne doit plus être reproduit car il contribue au dépérissement des centres villes, à la consommation d’espace, au trafic routier et aux encombrements aux abords des villes, à l’étalement urbain, à la culture de la consommation …
C’est dans cette logique que le PADD (Projet d’Aménagement et de Développement Durable) a inscrit au titre des leviers d’action : « Dynamiser le tissu commercial de proximité (centre-ville et quartiers) et développer dans le sud de la commune des moyennes surfaces ». En cohérence avec le PADD, le représentant de la commune a émis un avis défavorable à l’agrandissement de Casino (il était demandé + 978 m2, avec passage à l’enseigne Hyper) lors de la Commission Départementale d’Aménagement Commercial du 8 novembre dernier. Suivant l’avis de la commune, comme cela est fréquent, la commission a rendu un avis défavorable.
Le projet d'extension : CDAC du 8 nov 2010 - doc préparatoire sur Extension Casino à Crolles.pdf
L'avis de la commission : PV de la CDAC du 8 nov 2010 sur agrandissement Casino de Crolles.pdf
Alors, tout est bien qui finit bien ? Il est trop tôt pour le dire. Il est possible que le Groupe Casino fasse appel de la décision. La commune sera alors confrontée à une difficulté de taille : l’agrandissement demandé est conforme au schéma directeur et le règlement d’urbanisme adopté dans le cadre du PLU est très peu restrictif pour le secteur concerné.
Depuis 2007, l’affichage politique de la municipalité a favorablement évolué sur cette question de la grande distribution. Le PLU était l’occasion de concrétiser cet affichage dans un texte réglementaire en édictant des règles proscrivant l’ouverture d’un hypermarché. Cette occasion a été manquée, ce qui risque de placer la commune dans l’obligation d’accepter un établissement non bienvenu, alors que d’autres projets (le centre commercial sur l’ancien site UGIMAG, Satoriz) acceptés ou encouragés par la municipalité vont avoir comme effet d’augmenter considérablement les surfaces commerciales, en drainant des clients venant de tout le Grésivaudan.
Voir le dossier PLU : http://www.edgarie.fr/archive/2010/01/11/plu-de-crolles-le-dossier.html
Publié dans le journal municipal - janvier 2011
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28 novembre 2010
Subventionner le sport de compétition, quel gâchis !
Novembre 2010. Comme presque à chaque séance, le conseil municipal de Crolles est sollicité pour quelques subventions. Ce sont nos bonnes œuvres. Et aussi ce qui concrétise la politique municipale. C’est dire toute la symbolique qui s’attache aux subventions.
Ce mois-ci, en lisant le document préparatoire au conseil, j’ai sursauté quand j’ai vu l’aumône prévue pour l’ADTC, association grenobloise pionnière pour le Développement des Transports en Commun et autres dispositifs de mobilité douce. Il faut dire que quelques jours auparavant, j’avais assisté à une réunion ADTC pour le secteur du Grésivaudan et j’avais pu vérifier de visu combien cette assoc mérite la médaille d’or de l’utilité publique. Et là-dessus, voilà qu’on me demande aussi de voter trois subventions de 4000 euros chacune pour des sportifs de haut niveau en vélo sur piste et en taekwondo.
Alors, j’ai pris la plume et écrit à mes chers collègues.
Bonsoir,
200 € pour l’ADTC, 12 000 € pour trois sportifs de haut niveau, le contraste est saisissant.
D’un côté, l’intérêt général, des bénévoles qui mènent des missions relevant quasiment du service public.
De l’autre, trois personnes privées.
D’un côté, le développement durable, la promotion de la mobilité douce qui contribue à pacifier la société.
De l’autre, la concurrence, la compétition, l’exaltation de la performance.
A ma gauche : le vélo et la marche, vecteurs de santé pour tous.
A ma droite : l’imbrication du sport et de l’argent.
12 000 euros, pour trois sportifs, la commune se fourvoie.
Quel gâchis ! Quelle tristesse !
Je serai absent du conseil de ce vendredi. Mes chers collègues, voilà mes propositions : ne saupoudrons pas l’argent comme s’il était sans valeur, soyons sélectifs dans nos choix, laissons le sport de haut niveau dans la sphère de l’économie privée et sous le contrôle de l'Etat.
Bien à vous, Bon conseil.
Les subventions ont été votées, sans surprise. La lutte continue.
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16 novembre 2010
Liberté / diversité
Ensemble pour Crolles, nous sommes trois élus. Suite à la fameuse chronique sur le Patrimoine qui fout le camp, et à quelques autres interventions qui ont déplu, mes colistières ne veulent plus cautionner ce que j'écris. Nous nous mettons d'accord pour l'annoncer, un peu comme dans un avis de divorce, et de faire une ultime chronique signée ensemble. Je prépare deux propositions.
En toute simplicité
Vous l’avez constaté depuis quelques mois : les chroniques d’expression politique de Ensemble pour Crolles ne sont pas toutes signées par les trois élus de cette liste.
Pourquoi ? Tout simplement car nous ne sommes pas d’accord entre nous sur un certain nombre de sujets d’importance tels que le budget, le PLU, les modalités d’expression politique.
Pourquoi Francis Odier est-il toujours signataire ? Tout simplement car jusqu’à présent c’est lui qui écrit les chroniques.
Sommes-nous dans l’opposition ou dans la majorité ? La question ne se pose pas ainsi. Nous avons voté Pour l’immense majorité des délibérations. Francis Odier a voté Contre le budget, le PLU, un bon nombre de subventions aux sportifs de haut niveau et quelques autres textes.
A quoi servons-nous ? Question difficile ! Merci de l’avoir posée … Se demander à quoi sert un élu minoritaire, c’est comme se demander à quoi sert la démocratie.
Que va-t-il se passer pour la suite ? Bien malin celui qui le sait ! Mais chacun de nous va continuer à assumer son mandat d’élu selon ses convictions, à sa manière, dans le respect de ce qu’il pense être l’intérêt général.
Sincérité et pluralisme
C'est ce texte qui est publié dans le Journal Municipal.
Début 2008, inscrits sur la liste Ensemble pour Crolles, nous avons fait campagne avec quelques idées conductrices – cf les documents diffusés de janvier à mars 2008 dont nous reprenons ici quelques extraits :
- Un urbanisme maîtrisé : préserver le cadre de vie, favoriser le développement harmonieux de la ville (…)
- Crolles, éco-ville : encourager les transports en commun, favoriser la mobilité douce, préserver la plaine et ses espaces verts dans leur vocation (…)
- Une démocratie active. (…) A Crolles, la démocratie a été endormie. Avec la municipalité sortante, nous avons surtout l’apparence de la concertation. La communication est abondante, mais pauvre en informations et pas toujours sincère.
- Un projet sur mesure pour Crolles (…) La démocratie municipale, ce n’est pas un camp contre un autre camp, c’est reconnaître que tous les talents sont nécessaires pour mener à bien les projets (…) le pluralisme, c’est ce que nous proposons pour Crolles.
Depuis bientôt trois ans, réunion après réunion, dossier après dossier, nous avons eu l’occasion d’ajuster notre vision de la vie locale et de traduire ces idées de campagne en propositions et prises de positions.
Appréciant la situation au cas par cas, nous votons, ensemble et avec la majorité municipale, ‘Pour’ environ 95 % des délibérations proposées.
En revanche, sur un certain nombre de sujets importants, nous constatons des désaccords entre nous, désaccords que nous ne craignons pas d’afficher, privilégiant toujours la liberté d’expression et la sincérité à la discipline de groupe.
Par exemple, Francis Odier a voté ‘Contre’ le budget 2010, le PLU, les acquisitions foncières pour la digue du Fragnès et la plupart des subventions en faveur de sportifs de haut niveau. Par ailleurs, nous faisons le constat de différences de point de vue entre nous sur la place à donner à l’expression politique et sur ses modalités.
C’est pourquoi nous ne signons pas toujours tous les trois la présente chronique. Il en sera de même à l’avenir.
La démocratie représentative vit quand les élus défendent leurs convictions. Nous restons à votre écoute.
Corinne Durand, Françoise Dragani et Francis Odier
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17 octobre 2010
La chronique d'octobre ne passe pas ...
La chronique d'octobre ("Crolles, ton patrimoine fout le camp") ne passe pas. Le maire est fâché, surtout car je l'ai accusé de vouloir me censurer.
Le courrier du maire : Courrier Brottes - 30 sept 2010 - sur JM octobre.pdf
et ma réponse : Courrier 10 oct 2010 - Odier à M le Maire.pdf
Françoise Dragani écrit au conseil pour se désolidariser de la chronique.
Le sujet est ajouté à l'ordre du jour du conseil du 15 octobre sous forme de "question orale" posée par Patricia Levasseur sur le thème "droit d'expression". En fait, Patricia ne pose pas de question, mais exprime clairement son désaccord sur l'allusion à l'agenda 21 :"ça m'agace (...) on a déjà du mal à être visible (...) ça m'agace". J'apprend, avec surprise, que "l'agenda 21 de Crolles n'existe pas". Vaste débat ! Là voilà qui part sur le produit fini et qui oublie le processus, la démarche, ce qui est pourtant le plus important dans cette affaire.
Le maire lit le courrier de Françoise, me reproche vivement un "détournement de droit", insiste sur le fait qu'il s'agit d'un problème de forme et de droit et qu'il ne dit rien sur le fond, et conclut qu'on ne l'y reprendra plus à accepter un tel texte.
Je prend la parole ... trop vite, car, il faut d'abord la demander !
Ci-dessous l'intervention préparée que je lis ensuite, en partie seulement car le maire m'interromp avant la fin.
En résumé : OK pour dire que la forme est perfectible (comme toujours) et qu'il y a débat sur le respect à la lettre du droit. En revanche, je maintiens que je suis 100 % dans l'esprit du droit d'expression des conseillers. D'ailleurs, ce fameux journal municipal d'octobre est rempli d'interviews et de verbatims de citoyens. Pourquoi faudrait-il m'interdire de faire de même alors que le droit d'expression a comme raison d'être de compléter, contrebalancer, diversifier ... ce qui est publié sous l'autorité de l'exécutif municipal ?
Fallait-il faire un tel pataques pour une question (soi disant) de forme ? Je me demande si ce ne sont pas les critiques de fond qui ont touché mes chers collègues.
En droit :
D’abord, je ferai preuve d’humilité, car, selon le principe de séparation des pouvoirs, personne dans ce conseil n’est habilité à dire le droit. Nous ne pouvons que l’interpréter, et donner notre analyse de son respect ou non respect. Ce que je fais ici.
Dans la chronique proposée, il n’y a rien d’injurieux ou de diffamatoire, il n’y a aucun propos susceptible de justifier un refus de publication au titre de la réglementation qui s’applique à la presse.
Vu la structure de la chronique, il n’y a aucun doute sur le fait qu’elle est conçue et éditée par les conseillers signataires. En revanche, elle inclut un texte qui n’est pas écrit par des conseillers. C’est là l’objet de la discorde : l’expression doit-elle être un texte entièrement original, écrit de A à Z par les conseillers ?
Le texte incriminé a été écrit avant et indépendamment de la chronique : il a été publié sur le site de son auteur, j’en ai pris connaissance, j’ai demandé à l’auteur l’autorisation de le publier. Il ne s’agit en rien d’un texte écrit sur mesure pour la chronique. Nous ne sommes ni dans la situation où la chronique aurait été partiellement déléguée à un non conseiller, ni dans la situation d’un courrier des lecteurs où quelqu’un écrit en vue d’être publié.
Le procédé qui consiste à appuyer son propos sur une citation n’a rien d’original. Je n’ai rien trouvé dans la jurisprudence qui l’interdise.
En droit, peu importe l’identité de la personne dont les propos sont cités. Donc, j’écarte du débat les remarques qui m’ont été faites ici ou là sur la personnalité de l’auteur cité et ses liens supposés avec la commune.
Donc, en droit, je suis légitime à demander la publication du texte.
Sur le fond :
La chronique porte un débat sur l’urbanisme, le cadre de vie, la protection et la valorisation du patrimoine, avec un détour gentiment ( « gentiment » coupé à l’oral, vu l’intro de PL, cela aurait été de la provoc !) critique sur l’agenda 21. Ces thèmes sont en lien avec des préoccupations exprimées par notre liste durant la campagne électorale en 2008.
Je suis disponible pour poursuivre la discussion sur le fond.
Sur la forme :
Faudrait-il que, pendant 6 ans de mandat, les chroniques restent sur le même registre ?
Le texte cité a le mérite de diversifier le style, avec une touche polémique et littéraire, alors que j’écris d’une manière assez froide, sans doute monotone, en ayant quelques difficultés à m’affranchir de mes habitudes professionnelles.
Le lecteur reçoit, comprend et apprécie la chronique comme il veut. Le texte est excessif, il contient des raccourcis, des imprécisions, des inexactitudes … Certes, peut-être, peu importe. Chacun écrit comme il peut, avec les ressources et les appuis dont il dispose. L’essentiel, dans un journal municipal, devrait être le fond et le droit.
<< fin de la prise parole au conseil - interruption par FB - ci-dessous la suite que j'avais préparée >>
Je reconnais volontiers deux erreurs sur la forme : notre signature aurait du rester en bas de page, comme d’habitude ; il suffisait de mentionner une seule fois le nom de Claude Müller.
Conclusion
Les réactions suscitées par cette chronique d’octobre interrogent sur notre capacité d’écoute, sur notre tolérance vis-à-vis d’expressions qui ne correspondent pas à ce que nous attendons.
Ma philosophie politique, du point de vue de la méthode, est celle du pluralisme et de la confiance dans la vertu des controverses, ce qui me conduit à rechercher la diversité, à accepter la différence pour nourrir des discussions que j’espère, encore, constructives.
Je n’ai ni vocation, ni fierté particulière, à rester seul opposant dans cette assemblée. Au contraire, je me trouve plutôt à contre-emploi.
Cela dit, mes chers collègues, j’accueillerai volontiers vos retours et conseils sur l’art et la manière de tenir mon rôle de conseiller responsable, libre, isolé, et fidèle à ce qui a été publié sous la signature de Ensemble pour Crolles durant la campagne électorale de 2008.
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28 septembre 2010
Crolles, ton patrimoine fout le camp
La commune vient de voter son Plan Local d’Urbanisme. Le point 1 du Projet d’Aménagement et de Développement Durable (PADD) est « Préserver l’environnement et valoriser le patrimoine ».
En réalité …. Le PLU contient bien des dispositifs localisés de protection : les périmètres de protection autour de l’Abbaye du Moulin des Ayes et du château de Bernis, un inventaire d’éléments patrimoniaux à protéger, les zones naturelles, l’inscription d’un corridor écologique entre la plaine et les coteaux, les dispositions propres au marais de Montfort etc.
En revanche, il manque une politique de valorisation du patrimoine, ce qui demanderait de raisonner plus globalement au niveau des quartiers, de la commune et de l’insertion de la commune dans son voisinage. En effet, la protection de tel ou tel élément ponctuel n’est pas une fin en soi, même si chaque curiosité ou chaque vestige a une éminente valeur. L’essentiel, c’est l’environnement et le patrimoine dans lequel nous vivons.
A cet égard, des aménagements récents ou en cours suscitent un sérieux doute sur la volonté de la commune de préserver et valoriser réellement ce qui fait le patrimoine de Crolles, village issu de la ruralité, ville et campagne.
Notre patrimoine « fout le camp », comme l’écrit si bien Claude Muller dans une chronique récente sur son site.
Le quartier du Brocey est en deuil. Ses deux mûriers ont été coupés, en catimini. Avouez qu’il y a de quoi pleurer. Ces arbres plus que centenaires témoignaient de la vie paysanne de Crolles. Au printemps déjà, le bassin du Brocey, un autre lieu symbolique, n’a été sauvé du dépérissement que par une pétition de ses habitants. Aujourd’hui, la commune ne laisse filtrer de sa source qu’un mince filet d’eau, comme à regret.
Stupeur encore quand le journal municipal met en lumière ceux qui ont déménagé pierre par pierre un de ses derniers fours à pain. Ce n’est plus du symbole, c’est du détournement ! Personne ne comprend, surtout pas les résidants du plus ancien quartier de Crolles (dont je suis !). Autant leur dire : "Allez faire cuire votre pain ailleurs", cela serait plus clair !
Et devant tant d’interrogations, tous constatent que le Brocey est atteint d’une étrange contagion. La floraison de permis de construire. On nous annonce qu’un bâtiment de 28 logements va devoir s’enclaver, coûte que coûte au sein de ce vieux village. (Les mûriers en savent quelque chose !) Des terrains, que dis-je, des mouchoirs de poche, sur lesquels personne n’osait imaginer construire une maison, arborent aujourd’hui, comme des trophées de victoire, leurs promesses de masures. Et comme si tout cela ne suffisait pas, des projets d’élargissement de voies et de construction de parkings alimentent les rumeurs les plus folles. "C’est qu’il en faudra des routes pour ces nouveaux habitants ! Et comment garer leurs carrosses rutilants ?"
Alors, chacun réagit à sa manière. Les uns relisent l’Agenda 21 de la commune en se disant qu’ils ont dû rater un chapitre. Les autres méditent une vielle maxime paysanne, pleine de bon sens. "Pourquoi mettre la charrue avant les bœuf ?" Pourquoi laisser les promoteurs agir à leur guise dans ces anciens quartiers et ensuite imposer des aménagements dont personne ne veut, comme s’il fallait effacer toute trace de ruralité à Crolles.
Claude Muller
Septembre 2010
Publié dans Crolles