20 février 2010
Les enjeux financiers de la gestion des déchets
Selon le rapport SICIOMG 2008 Rapport2008 SICIOMG.pdf , le coût global de la gestion des déchets est 102 € par an et par habitant et 161 € par tonne (16 centimes / kg). Budget financier 2008 du SICIOMG : Siciomg Mars 09.doc
Pour le Grésivaudan (environ 100 000 habitants), selon le budget 2010, les dépenses induites par la gestion des déchets sont 9,4 M€ pour le fonctionnement + 1,5 M€ d’investissement. Soit environ 110 € par an et par habitant.
Sachant qu’environ 30 % du tonnage d’ordures ménagères sont des déchets organiques, la généralisation du compostage pourrait faire économiser de l’ordre de 20 à 25 € par habitant, soit, en ordre de grandeur : 200 k€ par an pour la ville de Crolles (8 500 habitants).
Ce n’est pas le jackpot, mais ce n’est pas négligeable d’autant plus qu’il faut ajouter au titre des bénéfices la réduction des émissions de dioxines et de gaz à effet de serre.
Rapport SICIOMG 2008 – extraits :
Prix du service de traitement et de tri
« Au mois de décembre 2008, ONYX facturait l'incinération des ordures ménagères classiques 119,30 € HT la tonne incinérée contre 115,78 € en décembre 2007 et 111,70 € en décembre 2006.
Le coût de traitement du Tri sélectif (hors aides Eco-emballages de soutien à la tonne triée et valorisée) s'élevait à 196,05 € H.T. la tonne triée en décembre 2008 contre 192,93 € HT en décembre 2007 et 188,57 € HT en décembre 2006.
En tonnage, les ordures ménagères représentent de 90 % du total. C’est bien là-dessus que l’effort doit porter.
La qualité du tri
« Grâce aux actions entreprises sur le terrain et sur la communication, les refus de tri ont nettement diminué depuis 2002. Les actions ont été renforcées depuis en 2005 avec notamment le refus des bacs de tri contenant trop d'indésirables, la mise en opercule de bon nombre de conteneurs collectifs de tri sélectif, la réimpression d'autocollants sur les consignes de tri ou encore la parution de 2 journaux. Les refus de tri sont en moyenne de 30 %. L'objectif reste de tendre vers 20 % de taux de refus.
Le taux d’indésirables est stable en 2008 et 2007 (29 %), en baisse par rapport à 2006 (34 %).
« Les tonnages de « bon tri » qui est recyclé ont cependant augmenté en 2008.
2006 = 835 T 2007 = 860 T 2008 = 871 T
Publié dans Economie
11 janvier 2010
PLU de Crolles - le dossier
Dossier PLU de Crolles - décembre 2009.
PADD - Projet d'Aménagement et de Développement Durable : les orientations et objectifs : padd arrêté.pdf
Réglement : règlement soumis à arrêt.pdf
Carte de zonage, associée au réglement (patience : 7 Mo ...) : carte PLU arrêt.pdf
Rapport de présentation : désolé, il est trop volumineux (19 Mo) pour être mis à disposition sur ce blog !
Publié dans Crolles
Avis sur le PLU de Crolles
Télécharger le texte complet de l'avis sur le projet de PLU voté, à la majorité, par le conseil municipal de Crolles : Avis sur le PLU - décembre 2009.pdf
En résumé, que retiendra-t-on de ce PLU dans 20 ans s’il est appliqué tel qu’il est proposé aujourd’hui ?
D’abord le choix de la densification, avec la relance de la croissance de l’habitat, en particulier la création de nouveaux quartiers autour du parc JC Paturel. J’adhère à ce projet. Il y a des demandes de logement non satisfaites. Le Grésivaudan est attractif et ne peut pas se claquemurer. Le schéma « urbanisation autour d’un parc » peut donner lieu à un éco-quartier admirable, agréable pour ses habitants et les visiteurs de passage … Un beau chantier pour les 10 prochaines années.
Ensuite, une opportunité manquée, avec le choix d’un règlement plutôt libéral, qui permet de densifier partout, au rythme des opérations décidées par les propriétaires, mais au détriment de l’embellissement des quartiers existants, alors qu’il était possible d’urbaniser de manière raisonnée.
Enfin, des erreurs affligeantes, avec des choix d’un autre temps en faveur de la voiture (la déviation) ou dégradant les paysages des coteaux (au prétexte de lutter contre des blocs avec lesquels cohabitaient en bonne intelligence nos ancêtres les crollois).
Au titre des méthodes, je signale :
- un rapport de présentation de 194 pages, fort intéressant et bien documenté, disponible au dernier moment, suffisamment tard pour qu’il ne puisse pas être discuté en commission ;
- un règlement qu’il a fallu aller chercher alors qu’il aurait été si simple qu’il soit communiqué assez tôt pour que le conseiller de base que je suis puisse demander conseil à quelques amis « sachants » ;
- un dossier discuté par morceaux en commission Cadre de Vie, sans que jamais la commission ait une vision globale ;
- une séance du conseil municipal avec un ordre du jour colossal et judicieusement reporté au début des congés scolaires …
Il y eut aussi des commissions Cadre de Vie conviviales, animées avec doigté, émaillées de quelques emportements passionnés car le sujet est passionnant …
Bref, nous eûmes la démocratie de convivialité qui caractérise notre bonne ville et sa majorité municipale.
Quelques remarques sur le zonage et le règlement
Je n’ai pas vu comment est traduit dans le règlement l’objectif indiqué dans le PADD de se limiter aux « moyennes surfaces ».
Pour l’obligation de logement social, le seuil de 1000 m2 risque de conduire à l’effet inverse de la mixité recherchée : le logement social va être concentré dans les grandes opérations menées par la commune, alors qu’il faudrait le répartir sur l’ensemble de la ville.
La zone industrielle est surdimensionnée. Vu les efforts faits par le Grésivaudan pour développer les transports en commun, les parkings gigantesques de ST vont bientôt être surdimensionnés, ce qui offrira à cette entreprise des perspectives d’extension sans recourir à des terres actuellement à usage agricole et classées en ZI.
Je crains que ce soit une erreur, pénalisante pour le village et ses habitants, d’autoriser des « constructions nouvelles » en zone UA à « forte densité ». Le POS actuel ne permet pas de manière satisfaisante de respecter la « cohérence avec l’architecture du bâti existant ». En quoi le PLU sera-t-il plus performant pour le respect de l’identité des quartiers ?
Je ne vois pas l’avantage, pour la qualité de l’urbanisme, de réduire les périmètres de protection autour du château de Bernis et de l’abbaye. C’est ce que j’appelle une libéralisation sans valeur ajoutée collective.
Pour les zones UB, le règlement propose une densification diffuse et non contrôlée, au hasard des opérations lancées par les propriétaires. Ce choix me semble contraire à une démarche d’urbanisation. De plus, la méthode risque de susciter des tensions entre voisins. Un autre scénario, qu’il est sans doute encore temps d’étudier, serait de restreindre les possibilités d’extension (pour respecter l’existant) … sauf sur quelques emplacements réservés, voire sur des secteurs où la commune pourrait lancer une DUP.
La DUP a deux grands mérites : obliger à faire un projet (donc de l’urbanisme), obliger à traiter (négocier ou plaider en toute clarté) le conflit entre l’intérêt général et les intérêts privés.
Les zones AU en pied de coteaux sont tout à fait inopportunes. Mieux vaudrait garder les secteurs non construits comme des espaces de respiration et de circulation entre la ville et les coteaux.
Le classement des coteaux en « zone agricole » est surprenant car les coteaux ne sont pas réputés pour leur potentiel agronomique, biologique ou économique. Mais plutôt pour leur qualité paysagère et leur potentiel écologique : un classement en zone « N » aurait été mieux approprié.
Publié dans Aménager l'espace, Crolles
31 décembre 2009
Après les chimères de Copenhague ...
Depuis le fiasco de Copenhague, chacun y va de son analyse sur la défaillance des responsables politiques, incapables de dépasser les intérêts étroits de leurs pays respectifs. Et voilà un nouvel unanimisme, très bien formulé par le titre d'un bel article signé Corinne Lepage dans Le Monde du 23 décembre : "Planète : la société civile ne peut plus compter que sur elle-même. Le fiasco de Copenhague est d'abord celui des responsables politiques. Mouvements sociaux, consommateurs et citoyens doivent prendre le relais".
Hubert Védrine, ce matin sur France Inter pour vendre son bouquin auquel j'ai emprunté le mot "chimères", relativise ce fiasco mondial : la déception est à la mesure des attentes extravagantes suscitées par les associations écologistes. Il est urgent, selon Hubert Védrine qui défend cette idée depuis une bonne dizaine d'années, de redevenir lucide, d'abandonner la chimère du gouvernement mondial et de reconnaître que c'est la compétition qui gouverne le monde.
Je ne me résigne pas à ce constat sur l'omniprésence de la compétition, mais j'abandonne volontiers l'utopie du gouvernement mondial. C'est même une idée que j'ai abandonné pour l'Europe : adieu le fédéralisme dont nous avons rêvé un temps, vive l'Europe des Régions que revendiquaient déjà les militants occitans dans le Toulouse de ma jeunesse.
Chacun défend sa paroisse. Alors, c'est l'Assemblée des régions d'Europe qui se charge le mieux de nous réconforter après la défaillance des Etats. "Réchauffement climatique : les régions veulent avancer sans attendre les Etat. Une mutation en profondeur", écrit Michèle Sabban, vice-présidente du conseil régional Ile de France (Le Monde du 30 décembre). A l'approche des élections régionales, les sceptiques, les cyniques et les ronchons verront dans cet article une preuve de plus de l'opportunisme éhonté des élus prêts à retourner à leur profit tout événement qui passe à leur portée. Mais j'y voie plutôt un contrepied bienvenu au discours de dépit sur la faillite des politiques.
Car, avec un point de vue "pluraliste", et en revenant aux idées du vieil Edgar, il devrait être évident qu'un sujet aussi complexe que le réchauffement climatique est de la responsabilité de tous les acteurs, chacun à leur niveau. Donc il est vain et stérile d'opposer les "politiques" et la "société civile" (que l'on serait d'ailleurs bien incapable de définir), d'autant plus que la "société civile" (par exemple, les associations) consacrent une énergie folle à mobiliser les politiques et que les politiques en appellent chaque jour à l'implication et la mobilisation des citoyens.
Ce qui a échoué à Copenhague, c'est une tentative d'approche centralisée. Les démocrates qui sont pour le partage du pouvoir, la décentralisation, le principe de subsidiarité et la responsabilisation des acteurs ne devraient pas s'en offusquer.
Copenhague est surtout la faillite de la diplomatie, des grandes manoeuvres fondées sur la langue de bois ou l'agitation sarkozienne.
Maintenance, les principes à promouvoir sont connus (au risque de rabacher) :
- la responsabilité et l'exemplarité - à tous les niveaux, de l'individu à l'Etat et même jusqu'à l'Europe dont on ne doit pas totalement désespérer),
- les choix et les actes concrets - en complémentarité avec les orientations et les objectifs qualitatifs,
- la coopération en réseaux - en complémentarité avec les approches hiérarchiques et centralisées.
L'exemplarité, si on la conçoit aussi comme une orientation politique, n'est pas un ersatz de solution pour boy scout en mal d'action citoyenne, mais bien le levier le plus efficace qui est à notre portée.
31 décembre 2009
Publié dans Démocratie et écologie