21 juin 2010
L'avis critique du préfet sur le PLU de Crolles
[21 juin 2010]
LE sujet le plus important à traiter par le conseil municipal, c’est bien l’urbanisme qui engage l’évolution de la commune pour des décennies. C’est pourquoi nous revenons sur le projet de PLU qui vient d’être soumis à enquête publique en donnant un aperçu de l’avis du préfet sur ce dossier. avis préfet sur PLU de Crolles - mai 2010.pdf (attention : 7 Mo)
Voir aussi l' avis critique de la chambre d'agriculture avis Chb Agric 1.pdf et l'avis du Conseil Général de l'Isère avis CG38.pdf qui demande l'application de la convention AREA - COSI - Département, ce qui revient à mettre en cause le projet de déviation.
Selon la loi, le règlement PLU a comme objet de définir des règles qui permettent d’atteindre les objectifs définis dans le Projet d’Aménagement et de Développement Durable (PADD). Or le préfet relève plusieurs objectifs du PADD non transcrits dans le règlement PLU.
Exemples : le règlement PLU ne dit pas comment « affirmer une ambition architecturale et une esthétique urbaine de qualité » ; « la préservation des perspectives sur les grands paysages n’est suivie d’aucune mesure concrète » ; « le PADD affiche comme « levier d’action » la dynamisation du tissu commercial de proximité et le développement de moyennes surfaces notamment dans le sud de la commune, mais le PLU ne précise pas de quelle manière cet objectif sera mis en œuvre ».
Ce qui apparaît clairement, à la lecture de l’avis du préfet, c’est que, sur de nombreux points, le PADD n’est qu’un document creux, le PLU ne contenant pas les dispositions qui permettraient de concrétiser les objectifs affichés par la commune.
Sur la voie de contournement, le préfet est très critique. D’emblée, il signale que la commune n’a pas justifié son projet : « il convient d’exposer et de justifier de manière détaillée le tracé de la voie de contournement, notamment en raison de son impact sur plusieurs zones protégées à divers titres : (…) ».
Ensuite, après de nombreuses remarques sur les imprécisions et erreurs du chapitre « déplacements » du rapport de présentation, il indique : « concernant la voie d’évitement, son intérêt semble à relativiser. En effet, la part de trafic de transit qui pourra être captée est faible vis à vis du trafic global sur la RD 1090, même si une partie du trafic d’échange est susceptible de l’emprunter. Par contre, elle rend à nouveau plus attractif l’emprunt de la RD 1090 depuis Chambéry ou Pontcharra. Le risque est de renvoyer sur la RD 1090 une partie du trafic de transit actuellement présent sur l’autoroute A41 ».
Le préfet relève un certain nombre de lacunes dans le rapport de présentation du PLU, lacunes portant notamment sur :
- la ressource en eau : « les besoins en eau potable ne sont pas indiqués pour l’avenir », sans doute car la commune n’a effectué aucune simulation sur l’évolution de la population ;
- les risques naturels : certains risques (par exemple le « ruissellement généralisé de versant ») n’ont pas été cités, ce qui évoque, pour nous, l’erreur consistant à développer l’urbanisation en pied de coteaux ;
- les risques technologiques : le rapport ne mentionne pas que « le site de l’ancien établissement EUROMAG UGIMAG] est répertorié au titre des sites et sols pollués », et pourtant la municipalité a approuvé récemment l’implantation sur ce site d’un futur centre commercial.
Bien d’autres manques et imprécisions sont mentionnés par le préfet qui signale ainsi la piètre qualité du rapport de présentation du PLU. Il faut pourtant rappeler qu’il n’y a pas de démocratie sans information sincère des citoyens.
Après 15 pages d’observations critiques, le préfet conclut avec « un avis favorable sous réserve » de la prise en compte d’un certain nombre d’observations et il « attire l’attention sur les remarques formulées quant aux attendus du projet de voie de contournement ».
Publié dans Aménager l'espace, Grésivaudan
17 avril 2010
Une décision en catimini : un nouvel hypermarché à Crolles
La commission départementale d’aménagement commercial vient de donner un avis favorable à la demande d’installation sur Crolles d’un établissement de 3165 m2 de surface de vente. Avis commisssion 38 sur création commerce à Crolles - mars 2010.pdf
Il s'agit là d'une nouvelle illustration du double langage de l'exécutif local qui se prétend exemplaire en matière de concertation publique et de développement durable.
Le projet porte sur un (petit) hypermarché (on nomme hypermarché toute surface de vente supérieure à 2500 m2), alors que le Projet d’Aménagement et de Développement Durable de Crolles ne prévoit que des « moyennes surfaces ».
Ce projet d’équipement n’a jamais été discuté en réunion publique (PLU, Agenda 21), en commission municipale ou au conseil municipal. L'usage du foncier est pourtant le sujet par excellence qui devrait donner lieu à débat politique.
Le site visé est une friche industrielle, probablement les anciens sites UGIMAG et NALCO : il s'agit donc de transformer un site industriel en site commercial, alimentant ainsi la désindustrialisation. Il y a quelques années, le site avait été envisagé pour installer une gare tram / train. Le tram / train est-il aussi enterré en catimini ?
Lors de la commission départemenale, le représentant de la commune a voté Pour, en contradiction flagrante avec la politique affichée de développement durable.
Dans ce dossier, tous les indicateurs « développement durable » sont au rouge comme l’indique la commission elle-même :
‒ « l’absence de connaissance des enseignes ne permet pas d’évaluer l’impact du projet sur les flux de transport » - alors qu’il faudrait, comme c’est prévu dans le PADD, poser comme priorité l’organisation des déplacements préalablement à tout projet modifiant le fonctionnement urbain,
‒ « la qualité environnementale du projet est insuffisante et en matière de développement durable notamment la gestion de l’eau et des déchets n’est pas prise en compte »,
‒ « le secteur est desservi par les transports en commun, mais les fréquences sont très faibles, surtout le samedi ».
La personne qualifiée en matière de développement durable a voté Contre, de même que la personne qualifiée en matière d’aménagement du territoire … et la majorité municipale va maintenant nous expliquer, sans doute avec un bel aplomb, que ce nouvel équipement est en parfaite cohérence avec sa politique de développement durable !
17 avril 2010
Publié dans Crolles, Economie, Grésivaudan
25 novembre 2009
Avis sur la Rocade Nord
A l’attention de : Monsieur le Président de la commission d’enquête - Préfecture de l’Isère - Bureau de l’urbanisme - Enquête Rocade Nord
Monsieur,
Comme toutes les nouvelles infrastructures routières, la Rocade Nord serait une incitation à l’usage de la voiture. Elle aurait donc un effet favorisant sur le trafic routier en véhicule individuel.
En conséquence, les habitants du Grésivaudan sont directement concernés par le projet de Rocade Nord :
- via la pollution (les poussières fines s’accumulant et stagnant dans toute la vallée) générée par le trafic automobile qui serait accru. La situation du bassin grenoblois est déjà connu comme n’étant pas satisfaisante du point de vue de la qualité de l’air ;
- via les effets induits sur le trafic routier en transit dans nos villages (Lumbin, Crolles, Bernin …) – alors même que les habitants de ces centres villages souffrent déjà de nuisances sonores importantes ;
- via les effets induits sur le financement des transports collectifs par le Conseil Général – alors même que les besoins d’amélioration de ces transports collectifs sont considérables.
Pour dire les choses crûment et sans détour, compte-tenu des problèmes de pollution liés à la circulation automobile dans la région grenobloise, des besoins d’amélioration des réseaux de transports collectifs en sites propres, de la situation des finances publiques (État et collectivités territoriales), des enjeux liés au réchauffement climatique, je considère qu’il serait irresponsable de décider la construction de la Rocade Nord.
En vous remerciant de votre attention et en vous priant de conclure votre enquête par un avis défavorable, je vous prie d’agréer, Monsieur, mes sentiments distingués.
Francis Odier; 25 novembre 2009
Publié dans Grésivaudan, Mobilité
A41 - La convention oubliée
Entre Crolles et Brignoud, matin et soir, soir et matin, entre le Rafour et l’autoroute, vous êtes nombreux à vous demander : « mais quand donc cet échangeur sera-t-il aménagé pour faciliter le trafic ? ».
La logique voudrait que des échangeurs soient aménagés à Bernin et La Terrasse pour « rabattre » le trafic routier sur l’autoroute, ce qui soulagerait d’autant le secteur du Rafour.
Nos élus ont eu cette idée il y a plusieurs années. En 2003, une convention a été signée entre la commune de Crolles, la COSI, le Conseil Général et AREA. Elle proposait un programme d’aménagement dont la mise en œuvre aurait été bien utile. Extraits de cette convention :
« (…entre Grenoble et le Grésivaudan), il convient donc de donner la priorité au développement des transports collectifs, de calibrer en conséquence l’augmentation des capacités routières (tous axes confondus). Le trafic automobile doit être orienté en priorité sur l’autoroute, plus sûre et moins nuisante que les voiries traditionnelles aux abords desquelles il est essentiel de préserver la qualité de vie des riverains (…). Il convient en conséquence :
- d’éviter la construction de nouvelles routes parallèles à l’autoroute dont la conception porterait préjudice à l’orientation du trafic sur l’autoroute, sauf à leur donner un caractère urbain ou local et à limiter leur capacité, pour maîtriser le volume et la vitesse de circulation, et préserver ainsi les populations riveraines ;
- de faciliter l’accès à l’autoroute par la création de nouveaux (demi) échangeurs : (…) Bernin, La Terrasse, La Bâtie.
…) Un itinéraire d’évitement du centre-ville de Crolles sera également aménagé. Pour permettre de dévier le centre-ville de Crolles sans attirer les trafics qui ont vocation à utiliser l’autoroute, les co-signataires conviennent de donner à cet itinéraire des caractéristiques urbaines, avec des vitesses de circulation réduites ; cette déviation ne sera en aucune façon rocade classique en rase campagne ».
Le texte complet de la convention : convention 2003 sur transports moyen grésivaudan.pdf
A l’exception du quart échangeur de Bernin, cette convention est restée lettre morte. Conséquences : voir le Rafour en heures de pointe … L’abandon du programme d’aménagement des échangeurs n’a pas vraiment profité aux transports collectifs. Dans le sens Grésivaudan – Grenoble, l’Express, après son passage dans la zone industrielle, est obligé de revenir au Rafour. Le bus en est d’autant moins incitatif.
Pour ce qui concerne l’échangeur de La Terrasse, la commune de Crolles contribue au blocage actuel. Tournant le dos à ce qui était prévu dans la convention, le projet actuel de déviation est à l’évidence une rocade classique en rase campagne. AREA l’a bien compris et, en conséquence, n’est pas volontaire pour investir sur un demi-échangeur qui risque d’être inutilisé du fait de la déviation de Crolles. Ainsi, sans même sortir des cartons, le projet de déviation contribue aux embouteillages !
Dans une sorte de fuite en avant, oubliant la convention signée il y a quelques années, le Grésivaudan lance des études sur un transport par câble entre Crolles et Brignoud. Il serait plus raisonnable d’étudier d’abord, globalement, l’amélioration des flux entre les deux rives de l’Isère, de mieux utiliser l’autoroute via des demi-échangeurs complémentaires, de comparer l’ensemble des solutions disponibles, en intégrant la refonte éventuelle de l’échangeur du Rafour.
Crolles, Journal Municipal, décembre 2009.
Publié dans Crolles, Grésivaudan
26 septembre 2009
L'Agriculture - secteur d'avenir
Sans le soutien des collectivités locales, le développement du Bio ne se fera que très lentement.
Fin août, sur les communes de Lumbin et La Terrasse, l'affaire du traitement à la deltaméthrine nous rappelle cruellement que, malgré tous les beaux discours du Grenelle sur la nécessité de réduire l'usage des pesticides, les mauvaises habitudes ont la vie dure. Dans le cadre de la lutte contre la chrysomèle du maïs, un insecticide dangereux est utilisé avec des doses bien supérieures à ce qui est prescrit. Pourtant, il existe des alternatives, par exemple la rotation culturale des maïs, notamment mise en œuvre par les agriculteurs crollois avec le soutien de la commune.
Emoi dans le landernau Crollois. Trait d'Union alerte. Le député Brottes écrit au préfet - Courrier Brottes au préfet sur deltaméthrine.pdf. Affaire à suivre.
------- Journal Municipal - octobre 2009 - Chronique de Ensemble pour Crolles - ---
Depuis les années 1960, l’agriculture a souvent été considérée comme un secteur en déclin et à protéger, comme nos monuments historiques. L’agriculture était une préoccupation seconde. Dans la concurrence sur l’usage du foncier, les terres agricoles ont perdu à maintes reprises face à l’urbanisation, aux zones industrielles et commerciales, aux routes.
Nous sommes actuellement à une période charnière. D’un côté, le mouvement de perte des terres agricoles se poursuit. A Crolles, nous avons ainsi de grandes réserves foncières, cultivées mais susceptibles d’être sacrifiées pour étendre la zone industrielle. De même, la déviation, comme la digue du Fragnès, encore dans les cartons, consommeraient plusieurs hectares à vocation agricole.
D’un autre côté, on observe les frémissements d’un changement de tendance.
Le Projet d’Aménagement et de Développement Durable (PADD) qui vient d’être adopté témoigne d’une position encore ambiguë vis à vis de l’agriculture. Extrait du PADD : « Éviter le mitage et garantir la pérennité des espaces agricoles et des zones cultivables. Le PLU devra préserver pour les activités agricoles les espaces nécessaires au fonctionnement des exploitations agricoles et assurer leur protection à long terme. Cette décision vise : Le maintien des exploitations déjà présentes et leur besoin de diversification, ou le cas échéant la création des conditions favorables à l’installation de nouvelles exploitations (…) ».
La dominante du texte reste défensive : il s’agit de « préserver » et d’assurer le « maintien » et la « protection » des activités agricoles. Mais, on note aussi une inflexion heureuse, même si elle reste légère : le PADD envisage l’installation de nouvelles exploitations.
Les communes et le Grésivaudan doivent être très volontaristes pour promouvoir une agriculture respectueuse de l’environnement. De nombreuses mesures concrètes sont disponibles et connues :
- Susciter et aider la création d’unités locales de transformation : fabrication de matériaux isolants d’origine agricole, fabrication de copeaux de bois à partir de taillis, valorisation des déchets verts …
- Promouvoir et privilégier les producteurs locaux : rendez-vous à la ferme des Échelles, voir aussi les bonnes adresses de l’Y Grenoblois sur www.adayg.org.
- Construire les zones industrielles sur les friches industrielles – et non sur les terres agricoles.
- Soutenir les produits Bio, en commençant par utiliser des produits Bio dans les cantines - cf www.ouiaubiodansmacantine.fr – l’intérêt du bio est qu’il tire toute une filière agricole créatrice d’emplois et saine pour l’environnement.
- Négocier avec les agriculteurs et les services de l’État des changements de pratique – pour limiter l’usage des pesticides et éviter les traitements intempestifs et dangereux du type de ceux que le préfet a imposé récemment contre la chrysomèle du maïs.
- Aider financièrement les jeunes agriculteurs qui veulent s’installer – il y en a, voir par exemple www.terredeliens.org
Avec l’agriculture nous avons, une fois de plus, un domaine où il y a un large consensus sur la nécessité d’agir … et où les changements se font à la vitesse de l’escargot faute de décisions, de priorités et donc de moyens à la hauteur des enjeux.
Publié dans Grésivaudan