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17 mars 2020

Le coronavirus révèle les mauvais choix de gestion de l'hopital public

Le confinement n'a pas pour objet de réduire le nombre de personnes atteintes, mais de lisser leur contagion pour permettre à des hôpitaux dont on a réduit les moyens d'absorber cette charge "ponctuelle" sans pic.


C'est, faute d'une mémoire entretenue de la fragilité de l'espèce humaine, l'échec d'une politique menée depuis des années en méconnaissance du principe de précaution.


La situation, hors son effet quantitatif, n'est pas différente de celles de Lubrizol et de la Faute-sur-Mer (inondations après la tempête Xynthia en 2010). 


Cette précaution, qui relève par excellence du pouvoir régalien de l'Etat, nos dirigeants l'ont oubliée au moment même où ils l'inscrivaient dans une charte de portée constitutionnelle (la charte de l'environnement). Macron, dans son discours de jeudi 12 mars, l'a d'ailleurs presqu'explicitement admis, reconnaissant que la régulation par le marché n'était pas une bonne chose lorsqu'une Nation est en danger.


J'attends avec impatience le retour d'expérience des évènements en cours : saurons-nous tirer de la situation les enseignements comme nos aïeux ont su le faire en d'autres circonstances, alors que nous les avons si facilement exclus de nos raisonnements ?

Emmanuel Wormser, 16 mars 2020

 

En complément, je vous invite à lire trois articles du professeur André Grimaldi qui, depuis des années, alerte sur la dangerosité et l'absurdité de la tarification à l'activité dans l'hôpital public. 

La crise sanitaire actuelle lui donne malheureusement raison. Invité le 13 mars sur France Culture, il dénonçait à nouveau l'austérité budgétaire et le principe de la tarification à l’activité :

« Mais il faudra des infirmières, des infirmières formées présentes 24h/24 heures. Donc, on va payer aussi dix ans d'une politique, et qui a continué encore ces trois dernières années malgré nos alertes ! Rappelez-vous que le plan d'urgence présenté par le Premier ministre pour l'hôpital l'a été après même que l'Assemblée nationale avait voté un budget d'austérité ! C'est à cause de la mobilisation des soignants qu'en urgence on a dit qu'il fallait un rectificatif.

Cette épidémie montre l'absurdité du système hospitalier actuel. Il n'est pas adapté aux urgences, à la réanimation, aux maladies chroniques. On le dit depuis dix ans. On l'a dit à madame Buzyn qui en avait convenu, mais qui n'en a rien fait. Du point de vue de l'hôpital, les mots ne suffiront pas »

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